CHAPITRE 8

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

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COMMENTAIRES 

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1.     Pour ce qui est sacrifié aux idoles, nous savons que nous en avons tous la connaissance. Or la connaissance gonfle, mais l’amour construit.

 

  • Pour ce qui est sacrifié aux idoles : la viande sacrifiée aux idoles.

 

COMMENTAIRE N°1

Pour commencer, il nous faut analyser les Écrits de Shaoul selon le contexte en vigueur. Autrefois, certains mangeaient des viandes qui avaient servi aux sacrifices des idoles… Ce sujet était d’une grande importance, à cause de la diversité d’opinions qui régnaient là-dessus entre les Nazaréens.

Petit aparté, il est important de préciser : ce sujet concernait les Nazaréens d’origine non-Juive mais en aucun cas, les Juifs Nazaréens car bien évidemment, ceux-là mangeaient de la viande kasher, abattue rituellement selon la loi Juive ; ils n’avaient donc aucun problème avec ce sujet…

Quelle était alors le problème des membres de la communauté Nazaréenne ?

En fait, une partie de des viandes offertes en sacrifice aux idoles était consommée sur place, une autre revenait aux prêtres païens mais une dernière partie était rendue à ceux qui avaient fourni le sacrifice et certains l’employaient à des repas sacrés, soit dans les temples païens, soit dans leurs maisons. Ces repas étaient d’ordinaire accompagnés des plus abominables souillures, faisaient partie du culte corrompu du paganisme. Malheureusement, d’autres comme certains pauvres, après avoir offert une victime, en vendaient la chair sur les marchés… Par le biais de la vente public, certains Nazaréens d’origine non-Juive pouvaient alors en diverses occasions, manger de ces viandes sacrifiés aux idoles. De là, un sujet de contestation dans la communauté Nazaréenne de Corinthe car certains convertis considéraient cette participation indirecte aux sacrifices idolâtres comme une grande souillure. Ils voulaient éviter une participation à des actes du paganisme dans lesquels, il pouvait réellement y avoir du péché car effectivement, comme nous l’avons compris, ces viandes provenaient des animaux offerts en sacrifice dans les temples païens…

 

  • nous savons que nous en avons tous la connaissance : l’Apôtre Shaoul fait référence au début du chap. 8 de la Lettre aux Corinthiens.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8 :4-6)

 

  • Or la connaissance gonfle, mais l’amour construit : par la connaissance sans l’amour, l’homme se complaît lui-même ; par l’amour, il donne et fait réussir autres…

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

La connaissance peut être assimilée aux paroles d’une musique. Le vécu, la vitalité, peuvent être assimilés à sa mélodie. Lorsqu’une personne détient une vaste connaissance mais que celle-ci est déconnectée du vécu, elle récite les paroles d’une musique de façon monotone. En d’autres termes, l’harmonie est absente. Il y a connaissance mais il n’y a pas sagesse. Il y a culture mais il n’y a pas de vie. Lorsque la connaissance est connectée à la vitalité, non seulement celle-ci est complète mais en plus, elle pénètre les cœurs. Pour reprendre l’exemple précité, un individu qui entendrait une belle mélodie sans saisir le sens des paroles est porté par le rythme. À partir du moment où une personne apprend la Torah avec amour de son prochain, avec connexion à Hashem, avec joie, avec vitalité, quand bien même celle-ci ne saisit pas l’intégralité des messages des textes saints, celle-ci est renforcée dans sa foi, portée dans son service divin et est plus que jamais motivée à progresser dans ce sens. La connaissance ne peut être prise en tant que telle. Elle doit être traduite dans le vécu, mener à la joie, mener à l’amour du prochain et aboutir à un amour d’Hashem. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

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2.     Qui croit connaître quoi que ce soit ne connaît pas encore comme il faut connaître.

 

  • Qui croit connaître quoi que ce soit : en lien avec la connaissance d’Hashem. 

 

 

  • ne connaît pas encore comme il faut connaître : en effet, toute connaissance est imparfaite en ce monde comme il est enseigné : La connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. (1 Corinthiens 13 :8-12).

 

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Na’hman de Breslev a déclaré : L'objectif absolu du savoir est de réaliser que nous ne savons pas. (Torah n°24 du Likouté Moharan I)

 

Le savoir auquel Rabbi Na'hman fait référence est celui de D.ieu, c’est savoir qu'Hashem existe, qu'Hashem dirige le monde et qu'Hashem est présent chaque seconde à nos côtés. Comme on le sait, connaître D.ieu est possible en étudiant la Torah, en priant, en faisant des mitsvot, etc… Or, il est également bon de savoir que chaque niveau plus élevé que nous atteignons dans notre service divin possède deux aspects : le premier est de nous procurer la sensation que nous nous approchons de D.ieu tandis que le deuxième est de nous permettre d'ouvrir encore plus grand nos yeux sur l'étendue de notre ignorance à son propos. Voici la contradiction inhérente pour la personne ayant la émouna : d'un côté, elle se rapproche chaque jour un peu plus d'Hashem, chaque personne selon ses capacités ; d'un autre, elle prend aussi conscience de l'aspect insaisissable de la nature divine. En d'autres termes, plus nous savons et moins nous savons…

 

 

 

 

 

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3.     Mais qui aime Elohîms est connu de lui.

 

  • Mais qui aime Elohîms : d’un amour profond et vrai.

 

COMMENTAIRE N°1

Dans les Écrits Nazaréens, Yohanan décrit parfaitement la notion d’amour selon la véritable pensée toraïque.

 

Quiconque croit que Yeshoua est le Mashiah, est né de D.ieu et quiconque aime celui qui l'a engendré aime aussi celui qui est né de lui. Nous connaissons que nous aimons les enfants de D.ieu, lorsque nous aimons D.ieu et que nous pratiquons ses mitsvot. Car l'amour de D.ieu consiste à garder ses mitsvot. Et ses mitsvot ne sont pas pénibles. (1 Yohanan 5 :1-3)

 

Et maintenant, ce que je te demande, dame, non comme te prescrivant une nouvelle mitsva mais celle que nous avons eu dès le commencement, c'est que nous nous aimions les uns les autres. Et l'amour consiste à marcher selon ses mitsvot. C'est là la mitsva dans laquelle vous devez marcher, comme vous l'avez appris dès le commencement. (2 Yohanan 1 :5-6)

 

Ceci correspond totalement aux ordonnances de l’Admor Yeshoua.

 

Celui qui a mes mitsvot et qui les garde, c'est celui qui m'aime et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai et je me ferai connaître à lui. (Yohanan 14 :21)

 

 

 

  • est connu de lui : Hashem nous connaît et nous aime profondément.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4.     Donc, pour la manducation de ce qui est sacrifié aux idoles, nous savons qu’il n’est aucune idole dans l’univers, et qu’il n’est aucun Elohîms, sinon le seul.

 

  • Donc, pour la manducation de ce qui est sacrifié aux idoles : concernant le fait de manger des viandes sacrifiées aux idoles.

 

  • nous savons qu’il n’est aucune idole dans l’univers : selon le Judaïsme, effectivement, les idoles ne sont rien…

Non pas à nous, Éternel, non pas à nous mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta fidélité ! Pourquoi les nations diraient-elles : Où donc est leur D.ieu ? Notre D.ieu est au ciel, il fait tout ce qu'il veut. Leurs idoles sont de l'argent et de l'or, elles sont l'ouvrage de la main des hommes. Elles ont une bouche et ne parlent point, elles ont des yeux et ne voient point, elles ont des oreilles et n'entendent point, elles ont un nez et ne sentent point, elles ont des mains et ne touchent point, des pieds et ne marchent point, elles ne produisent aucun son dans leur gosier. Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, tous ceux qui se confient en elles. (Téhilim 115 :1-8)

 

  • et qu’il n’est aucun Elohîms : aucun autres dieux.

 

Ils jurent par des dieux qui n'existent pas. (Yrmeyahou 5 :7)

Ainsi qu’il est dit : Même l’obscurité n’obscurcit rien pour toi. Ce verset se prête également à l’interprétation suivante : Même l’obscurité n’obscurcit rien car elle est issue de toi, ainsi qu’il est dit : l’Éternel est D.ieu, comme il est expliqué ailleurs. En hébreu, ce verset se lit "youd-ké-vav-ké est Elokim" ce qui établit donc une relation d’identité entre les deux noms de D.ieu : le Tétragramme, qui dénote la révélation et la transcendance divine et le Nom Elokim, qui fait référence au pouvoir de dissimulation du divin, dont D.ieu se revêt dans la Création. Cette relation d’identité signifie que le nom Elokim est divin au même titre que le nom "youd-ké-vav-ké" et c’est pourquoi tout est considéré comme rien devant lui. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 21)

 

Car tous les dieux des peuples sont des idoles et l'Éternel a fait les cieux. (Téhilim 96 :5)

 

 

  • sinon le seul : le D.ieu d’Israël, Créateur du Ciel et de la terre.

 

Ses idoles ne sont que mensonge, il n'y a point en elles de souffle. Elles sont une chose de néant, une œuvre de tromperie ; elles périront, quand viendra le châtiment. Celui qui est la part de Yaakov n'est pas comme elles car c'est lui qui a tout formé et Israël est la tribu de son héritage. L'Éternel des armées est son nom. (Yrmeyahou 51 :17-19)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, nous pourrons également nous inspirer du Likouté Amarim, principal ouvrage de la ‘Hassidout ‘Habad.

La notion d’unité de D.ieu ne signifie pas simplement qu’il n’est pas d’autre Créateur que lui mais plutôt que D.ieu est le seul être existant. Toute existence est néant absolu devant lui et ne fait qu’un avec lui.  Pour expliquer clairement cette idée, il est nécessaire, au préalable, d’évoquer brièvement l’idée et l’essence de l’unité de D.ieu, qui est appelé "Un et Unique" … Il faut comprendre la signification de cette expression, qui se prête à maintes interprétations : Il n’est qu’un D.ieu, un Créateur ; il est Un. Tous ont foi qu’il est Un, seul, maintenant, après la Création, exactement comme il l’était avant que le monde ne fut créé, quand il était seul de toute évidence, puisque rien n’existait alors. Le peuple Juif affirme sa foi dans ce qu’à présent comme avant la genèse, il n’est nulle autre existence que D.ieu. Comme il est écrit dans le texte de la prière : Tu es celui qui était avant que le monde ne fut créé et tu es celui qui est depuis que le monde a été créé. Si cette louange ne se prêtait qu’à une interprétation littérale, à savoir que D.ieu est éternel, sans début, ni fin, il aurait pu être simplement écrit : Tu étais avant que le monde ne fut créé. Pourquoi la périphrase : "Tu es celui qui était avant que le monde ne fut créé" est-elle nécessaire ? Cela signifie que D.ieu est exactement le même "celui" avant et après la Création, sans aucun changement, comme il est dit : "Moi, D.ieu, je n’ai pas changé" avant et après la Création. Comme il va être expliqué, D.ieu est toujours Un et Unique, malgré la présence de myriades d’êtres. Car ce monde, ainsi que tous les mondes supérieurs, n’effectuent aucun changement dans son unité du fait de leur création ex nihilo. De la même manière que D.ieu était Un, seul et unique, avant qu’ils n’aient été créés, ainsi est-il Un, seul et unique, après qu’il les a créés. Comment peut-il en être ainsi ? Que dire de toutes les créatures présentes devant lui ? Cette affirmation est vraie parce que tout est comme néant devant lui et comme absolument inexistant. En effet, si, lorsqu’il en retire ses mains, l’œuvre de l’artisan garde le même état et la même forme, l’existence continue de la Création, qui est une existence ex nihilo, dépend du renouvellement continuel de la force créatrice. Si cette force cessait, toute la Création retournerait au néant. Et cette force, qui anime et maintient toute la Création. Même la parole, le mot divin, par lequel D.ieu crée et anime tous les mondes, n’est rien par rapport à D.ieu lui-même, qui est véritablement infini. Tous les mondes créés et animés par la parole divine sont donc comme inexistants et n’affectent en aucun cas son unité. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 20)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5.     Oui, s’il en est même qui sont dits dieux soit au ciel, soit sur la terre, ils sont alors nombreux, les dieux, et nombreux, les Seigneurs.

 

  • Oui, s’il en est même qui sont dits dieux : ils sont appelés comme cela mais en réalité, ils ne le sont pas… Hashem est le seul véritable D.ieu comme il est enseigné : L'homme peut-il se faire des dieux, qui ne sont pas des dieux ? (Yrmeyahou 16 :20)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul dans ce chapitre, nous pourrons nous inspirer du Likouté Amarim, principal ouvrage de la ‘Hassidout ‘Habad.

La sitra a’hara et l’impureté sont une abomination devant D.ieu, qu’il déteste. Il ne leur pourvoit pas la vie de sa volonté intérieure et de son véritable désir, à D.ieu ne plaise, mais à la manière de quelqu’un qui, à contrecœur, jette un objet par-dessus son épaule à son ennemi. Ainsi, D.ieu ne donne pas la vie aux klipot de sa volonté intérieure mais seulement afin de punir les méchants qui se soumettent aux klipot et en tirent leur vitalité, et pour donner une bonne récompense aux justes qui font plier la sitra a’ hara. L’existence de la sitra a’hara est nécessaire pour laisser à chacun le libre arbitre d’être juste ou méchant. C’est pour cette raison, extérieure, que D.ieu lui octroie la vie. Les klipot sont appelées élokim a’hérim, les "autres dieux" car elles procèdent d’a’horaïm, de l’aspect arrière de la volonté divine. C’est également la raison pour laquelle la klipa est appelée "autres dieux" : cette raison s’ajoute à celle donnée précédemment, à savoir que les klipot sont appelées d’autres dieux car elles proviennent de a’horaïm, de l’aspect arrière de la volonté divine. La klipa constitue alors une véritable idolâtrie et un déni de l’unité du Roi des rois, le Saint Béni soit-Il. En effet, les klipot peuvent alors se considérer comme des êtres indépendants, séparés de D.ieu, quoiqu’elles reconnaissent D.ieu comme la source de leur vitalité et ne le nient pas. C’est par rapport à cette force vitale divine que les klipot sont appelées élokim a’hérim au sens littéral du terme, qui signifie idolâtrie et déni de l’unité de D.ieu. Car étant donné que la lumière et la vie de la sainteté, c’est-à-dire la force vitale divine intérieure sont dans un état d’exil à l’intérieur de la klipa, elle n’est aucunement soumise devant la sainteté de D.ieu. Au contraire, elle s’élève comme un aigle, en disant : "Je suis et il n’est rien d’autre que moi" ou suivant l’expression de Paro : La rivière est mienne, je l’ai faite moi-même" … C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que l’arrogance équivaut véritablement à l’idolâtrie. Car le principe fondamental et la racine de l’idolâtrie sont le fait de se considérer comme une entité indépendante, séparée de la Sainteté de D.ieu ; c’est pour cette raison qu’elles les klipot sont désignées dans le Zohar comme les montagnes de séparation, c’est-à-dire qu’elles sont hautaines comme des montagnes et se considèrent séparées de D.ieu. Cela constitue un déni de la véritable unité de D.ieu, puisque son unité implique que tout est considéré comme rien devant lui et que tout est totalement annulé devant lui. Toutefois, cette séparation n’existe que du point de vue des êtres créés. Pour D.ieu, cependant, il n’est aucune séparation car il n’est rien d’autre que lui… D.ieu est la seule existence. Toute sensation d’avoir une existence propre et extérieure à D.ieu [sentiment partagé par les klipot] est donc idolâtre. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 22)

 

 

  • soit au ciel, soit sur la terre : peu importe l’endroit.

 

 

  • ils sont alors nombreux, les dieux et nombreux, les Seigneurs : pour les idolâtres, dont la plupart étaient polythéistes…

 

Hymne de David. Garde-moi, ô Dieu ! Car je cherche en toi mon refuge.  Je dis à l’Éternel : Tu es mon Seigneur, Tu es mon souverain bien ! Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux sont l'objet de toute mon affection. On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers : Je ne répands pas leurs libations de sang, je ne mets pas leurs noms sur mes lèvres. L'Éternel est mon partage et mon calice ; c'est toi qui m'assures mon lot ; un héritage délicieux m'est échu, une belle possession m'est accordée. Je bénis l'Éternel, mon conseiller ; la nuit même mon cœur m'exhorte. (Téhilim 16 :1-7)


 

 

 

 

 

 

 

 

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6.     Mais pour nous il n’est qu’un seul Elohîms, le père, de qui tout est, et nous sommes à lui, et un seul Adôn, Iéshoua’, le messie, par qui tout est, et nous par lui.

 

  • Mais pour nous il n’est qu’un seul Elohîms : Hashem, le D.ieu d’Israël.

Vous leur parlerez ainsi : Les dieux qui n'ont point fait les cieux et la terre disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. (Yrmeyahou 10 :11)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul dans ce chapitre, nous pourrons nous inspirer du Likouté Amarim, principal ouvrage de la ‘Hassidout ‘Habad.

La notion d’unité divine ne signifie pas simplement qu’il n’existe qu’un seul D.ieu, un Créateur mais que D.ieu est la seule véritable existence. Il est lui seul dans les mondes supérieurs et inférieurs, vraiment, comme il était seul avant les six jours de la Création.  De même qu’il n’existait alors rien d’autre que lui, de même la Création n’apporte-t-elle aucun changement en cet état car tous les êtres sont comme inexistants devant Lui. Même en cet emplacement où le monde a été créé, les cieux, la terre et toutes leurs armées, il emplissait lui seul cet emplacement. Et maintenant aussi après la Création, il est ainsi seul, sans aucun changement absolument parce que toutes les créatures sont vraiment totalement annulées dans leur existence devant lui. Chaque créature reçoit son existence et sa vie du verbe divin, que sont les lettres de la parole divine à l’origine de sa création. Cette parole créatrice et les êtres ainsi crées sont totalement annulés devant leur source, le divin. Telle est la signification de la notion d’unité divine : D.ieu est Un, il est le seul existant, toute existence étant annulée devant lui. Or, lorsqu’il méditera profondément cette notion d’unité de D.ieu, son cœur sera joyeux et son âme se réjouira, avec jubilation et exultation, de tout son cœur, toute son âme et tout son pouvoir dans cette foi car elle est immense. Elle signifie l’expérience de la proximité à D.ieu, vraiment. C’est là tout l’homme, la finalité de sa création et de la Création de tous les mondes, supérieurs et inférieurs, à savoir que D.ieu ait cette demeure ici-bas. D.ieu a créé tous les mondes en vue de disposer d’une demeure ici-bas. Pour un homme, la demeure est le lieu où il peut être pleinement lui-même. De la même manière D.ieu veut que son Unité soit révélée ici-bas. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 33)

 

  • le père, de qui tout est, et nous sommes à lui : ce verset peut être lié avec les paroles de Yrmeyahou HaNavi.

Ses idoles ne sont que mensonge, il n'y a point en elles de souffle. Elles sont une chose de néant, une œuvre de tromperie ; elles périront, quand viendra le châtiment. Celui qui est la part de Yaakov n'est pas comme elles car c'est lui qui a tout formé et Israël est la tribu de son héritage. L'Éternel des armées est son nom. (Yrmeyahou 51 :17-19)

 

  • et un seul Adôn, Iéshoua’, le messie : notre Mashiah Yeshoua est considéré comme le seul Seigneur.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Pour mieux comprendre la Seigneurie de Yeshoua, nous pourrons nous inspirer des principes de base de la ‘Hassidout.

 

Ce texte est repris du livre "les 7 piliers et fondements de la foi" de la ‘Hassidout Breslev.

 

  •  L'âme du Messie a précédé la Création du monde et elle est la racine de toutes les âmes d'Israël.

 

  • Tout le monde a été créé pour ce Tsadik.

 

  • C'est avec l'âme de ce Tsadik qu'Hashem a pris conseil pour créer le monde.

 

  • Il est garant, auprès du Saint Béni Soit-Il, de réparer le monde.

 

  • Tout le service divin, les guilgoulim de chacun et les réparations de tout homme passe par lui.

 

  • Hashem lui a octroyé la souveraineté et la royauté.

 

  • Il est le Tribunal Céleste.

 

  • Par lui, se dévoile providence divine au niveau spirituel et matériel.

 

  • Il incarne le dévoilement de la prière.

 

  • C'est le chariot de la Shekinah.

 

  • Il incarne la sainteté.

 

  • C'est la vitalité du monde entier.

 

  • Toutes les dévotions ne montent au ciel que par lui.

 

  • Tous les éveils ou les repentir proviennent de lui.

 

En lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. (Colossiens 1 :16)

 

 

  • par qui tout est : le monde a été créé en vertu du mérite du Mashiah.

Rav dit : Le monde n'a été créé que pour l'amour de David, en vertu de son mérite. Et Rabbi Yohanan a dit : Il a été créé en vertu du mérite du Mashiah. (Sanhédrin 98b)

 

 

  • et nous par lui : nous-mêmes, nous vivons par le mérite du Mashiah.

 

 

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7.     Mais la connaissance n’est pas en tous. Oui, certains, accoutumés jusqu’à présent à l’idole, mangent ce qui est sacrifié aux idoles, en tant que tel, et leur conscience, étant faible, en est souillée.

 

  • Mais la connaissance n’est pas en tous : la connaissance qu’Hashem est au-dessus de tout et qu’une idole n’est pas indépendante…

 

L’Apôtre Shaoul fait référence à la suprématie d’Hashem au début du chap. 8 de la Lettre aux Corinthiens.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8 :4-6)

 

  • Oui, certains, accoutumés jusqu’à présent à l’idole : cela fait référence aux Nazaréens d’origine non-Juive, accoutumés au paganisme.

 

 

  • mangent ce qui est sacrifié aux idoles, en tant que tel : avec la kavana qu’une idole est réelle et indépendante d’Hashem…

 

 

  • et leur conscience, étant faible, en est souillée : certains croyaient, malgré la suprématie et l’autorité d’Hashem dans leurs vies, que les faux dieux du paganisme étaient des êtres réels, des esprits ou dieux méchants, qui remplissaient de leur mauvaise influence spirituelle, les choses qui leur étaient offertes en sacrifices. Ainsi, certains convertis croyaient qu’en mangeant certaines viandes ou autres, ils entraient en communion avec les démons ; de là, leur horreur pour les choses sacrifiées…

Ces dieux sont comme une colonne massive et ils ne parlent point ; on les porte, parce qu'ils ne peuvent marcher. Ne les craignez pas car ils ne sauraient faire aucun mal. (Yrmeyahou 10 :5)

 

COMMENTAIRE N°1

Pour mieux comprendre l’attitude de certains Corinthiens, on pourrait s’inspirer d’attitudes plus modernes de certains chrétiens-messianiques qui, dans leur processus d’adhérence [ou non] aux lois de la Torah, ne souhaitent pas manger de viande hallal pour certaines raisons…

 

Voici un témoignage.

 

Manger du hallal donne des droits, en quelque sorte, à Satan. L’Islam déclare par l’invocation du nom d’Allah sur la nourriture sacrifiée, que celui qui la mange accepte de se mettre sous l’autorité d’Allah. Quand il l’animal pour vider son sang, les muslim proclament une formule magique : bismillah Allahou Akbar ; il s’agit de cette divinité païenne Allah qui oblige ses fidèles à massacrer ceux qui ne croient pas en lui, ça n’a évidemment rien à voir avec le Dieu des Cieux et de la Création.  On sait pour nous-mêmes que l’idole en soi n’est rien mais à cause de cet formule officielle que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits à Satan. En fait, il s’agit ni plus ni moins d’une principauté d’esprits de démons religieux. (Témoignage de chrétien-messianiques).

 
 
 
 
 
 
 

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8.     Mais ce n’est pas un aliment qui nous placera près d’Elohîms. Si nous ne mangeons pas, nous ne sommes pas privés ; et si nous mangeons, nous ne sommes pas dans l’abondance.

 

  • Mais ce n’est pas un aliment qui nous placera près d’Elohîms : l’Apôtre Shaoul dénigre l’action de manger les viandes sacrifiées aux idoles [ou tout simplement sur les idoles en soi] afin de mieux faire comprendre aux Nazaréens de Corinthe, qu’une viande sacrifiée n’a absolument aucun pouvoir contre la vitalité d’Hashem et le Rouah Hakodesh du Mashiah… En effet, pour Hashem, la kavana et la émouna en lui sont les deux seuls facteurs prioritaires ; dans ce cas présent et surtout selon le contexte particulier, la nourriture sacrifiée [idolâtre] est bel et bien secondaire.

 

 

  • Si nous ne mangeons pas, nous ne sommes pas privés : car de toute façon, l’idole n’est rien…

 

 

  • et si nous mangeons, nous ne sommes pas dans l’abondance : l’Apôtre Shaoul dénigre totalement le pouvoir des idoles en comparaison du pouvoir d’Hashem, du Mashiah ou encore de la Torah.

 

Ainsi qu’il est dit : Même l’obscurité n’obscurcit rien pour toi. Ce verset se prête également à l’interprétation suivante : Même l’obscurité n’obscurcit rien car en réalité, elle est issue de toi, ainsi qu’il est dit : l’Éternel est D.ieu, comme il est expliqué ailleurs. En hébreu, ce verset se lit "youd-ké-vav-ké est Elokim" ce qui établit donc une relation d’identité entre les deux noms de D.ieu : le Tétragramme, qui dénote la révélation et la transcendance divine et le Nom Elokim, qui fait référence au pouvoir de dissimulation du divin, dont D.ieu se revêt dans la Création. Cette relation d’identité signifie que le nom Elokim est divin au même titre que le nom "youd-ké-vav-ké" et c’est pourquoi tout est considéré comme rien devant lui. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 21)

 

 

 

 

 

 

 

 

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9.     Mais prenez garde, de peur que ce pouvoir qui est vôtre ne devienne un obstacle pour les faibles.

 

 

  • Mais prenez garde : dans l’idée de veiller sur…

 

 

  • de peur que ce pouvoir qui est vôtre : le pouvoir de la connaissance qu’Hashem est supérieure aux idoles exprimée au début du chapitre.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8 :4-6)

 

 

  • ne devienne un obstacle pour les faibles : cette connaissance doit nous pousser vers le chemin de la sanctification et non vers celui de la débauche… Certains par la connaissance et la conscience qu’Hashem était au-dessus de simples idoles, avaient du mépris pour leurs frères plus faibles et craintifs des idoles ; ainsi, ils péchaient contre l’amour fraternel nécessaire et certains d’entre eux s’exposaient eux-mêmes témérairement aux coutumes païennes.

Car si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? (1 Corinthiens 8 :10)

Les "consciences fortes" devaient plutôt édifier les Nazaréens de "consciences faibles" par une vie sainte [soit par le fait de manger totalement kasher ou soit par le fait de manifester de l’amour fraternel] et non en agissant de manière persuasive : c’était démolir au lieu d’édifier…

La connaissance enfle mais l’amour édifie. (1 Corinthiens 8 :1)

 

 

 

 

 

 

 

 

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10.     Oui, si quelqu’un te voit, toi qui as la connaissance, étendu dans un temple d’idoles, sa conscience à lui, le faible, ne sera-t-elle pas enhardie à manger ce qui est sacrifié aux idoles ?

 

  • Oui, si quelqu’un te voit, toi qui as la connaissance : cela fait référence aux Nazaréens de "consciences fortes" : ceux-ci avaient totalement assimilés qu’une idole n’était rien et qu’elle n’avait aucun pouvoir face à l’autorité d’Hashem…

 

 

  • étendu dans un temple d’idoles : un véritable Nazaréen n’a pas de toute façon, pas le droit d’aller dans un temple idolâtre.

 

COMMENTAIRE N°1

Il est écrit dans le Traité Avoda Zara page 17a qu'il est interdit de se rapprocher même de l'entrée d'un temple d'idolâtrie, comme il est écrit : Ne te rapproche pas de la porte de sa maison. (Mishlei 5 :8). Le Rambam, dans son commentaire sur les Mishnayot, écrit que dans chaque ville de chaque nation, il y a des temples d'idolâtrie et que, d'après la loi Juive, nous n’avons pas le droit d’y habiter mais qu'à cause de nos péchés, nous sommes contraints d’y être exilés. Alors si déjà la ville elle-même est concernée par cette interdit, à plus forte raison le temple lui-même…  Le Choul’han Aroukh, Yoré Déa, chap. 150 alinéa 1, écrit qu'il faut s'éloigner d'au moins deux mètres des temples d'idolâtrie. D’ailleurs, les chrétiens ont un statut d'idolâtre à tout égard et leur temple sera donc considéré comme un temple d'idolâtrie. Il y a donc un interdit de la Torah d'entrer, par exemple, dans une église et comme l'écrit le Yalkout Yossef dans son abrégé du Choul’han Aroukh, Yoré Déa, chap. 143 alinéa 8 au nom de plusieurs décisionnaires, il est également impossible de transformer une église en synagogue. (Rav Ron Chaya)

 

  • sa conscience à lui, le faible : cela fait référence aux Nazaréens accoutumés et/ou influencés par le pouvoir des idoles, alors qu’elles n’en n’ont aucun…  

 

 

  • ne sera-t-elle pas enhardie à manger ce qui est sacrifié aux idoles : cela le fortifierait dans cette folie de considérer l’idole.

 

 

 

 

 

 

 

 

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11.     Et, étant faible, il est détruit par ta connaissance, ton frère pour qui le messie est mort.

 

  • Et, étant faible, il est détruit par ta connaissance : car les "consciences fortes" n’auraient pas aider les "consciences faibles" par leur attitude. Comme nous l’avons vu, les "consciences fortes" devaient plutôt édifier les Nazaréens de "consciences faibles" par une vie sainte [soit par le fait de manger totalement kasher ou soit par le fait de manifester de l’amour fraternel] et non en agissant de manière persuasive : c’était démolir au lieu d’édifier…

 

 

  • ton frère pour qui le messie est mort : l’Apôtre Shaoul remet au goût l’égalité entre tous les individus aux yeux d’Hashem et du Mashiah : chacun son niveau d’avancée spirituel, chacun son tikoun, chacun sa mission, etc… Nous sommes tous uniques et égaux pour D.ieu comme il est enseigné : car l'Éternel, votre D.ieu, est le D.ieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le D.ieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes. (Devarim 10 :17)

 

COMMENTAIRE N°1

Shaoul avait reçu la mission divine d’apporter parmi les non-Juif, le nom de Yeshoua. Une fois attachés au Tsadik de vérité, les Nazaréens d’origine non-Juive s'engageaient alors dans une vie de Torah ; ils devaient pour cela définir des étapes de sanctification, afin de s’éloigner de l'idolâtrie et de la viande non kasher [ou idolâtre]. Or, il y avait un gros débat et diverses tensions [en plus de tous les autres problèmes dans la communauté] entre les "consciences fortes" et consciences "faibles" ; les consciences faibles donnant du crédit aux pouvoirs des idoles. Il faut savoir qu’au-delà de la nourriture, Shaoul cherche également à les faire sortir de leurs vielles conceptions païenne. En termes plus simples, le message était également : avant de manger kasher ou de penser à la kasherout, d’abord sache qu’il n’y pas d’idoles dans le monde ; c’est la première étape ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12.     Si vous fautez ainsi contre les frères, et si vous les blessez dans leur conscience qui est faible, c’est contre le messie que vous fautez.

 

  • Si vous fautez ainsi contre les frères : le but étant plutôt d’aimer notre prochain comme soi-même et d’édifier l’autre…

 

COMMENTAIRE N°1

Rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. Car toute la Torah est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. (Galates 5 :13-15)

Notre Maître Rabbi Akiva a également affirmé que le fait d’aimer notre prochain était le principe fondateur de la Torah tout entière. En complément, nous avons également l’école de Beit Hillel, dont toute la Torah est concentrée autour du thème des relations avec autrui.

Un idolâtre vint devant Shammaï et lui demanda : Combien de sortes de loi avez-vous ? Deux, fut la réponse ; une Torah écrite et une Torah orale. J'accepte la première, reprit le non-Juif mais je refuse l'autre. Reçois-moi dans le Judaïsme, à cette condition que tu ne m'enseigneras que la Torah écrite.  Shammaï l'injuria et le congédia avec une semonce. L'idolâtre se rendit chez Hillel, avec le même vœu. Le Maître acquiesça. Le premier jour, il lui enseigna aleph, beith, guimel, daleth, le deuxième jour, il recommença mais dans un ordre différent. Tu me l'as appris hier, dans un autre ordre, dit le non-Juif. Tu t'es donc fié à moi ? dit Hillel. N'était-ce pas te fier à la Torah Orale ? Un autre non-Juif vint devant Shammaï et lui dit : Je me ferai Juif mais il faut que tu m'enseignes toute la Torah, pendant que je me tiendrai sur un seul pied. Shammaï le renvoya, en le frappant de la règle qu'il tenait en sa main. L'idolâtre s'adressa ensuite à Hillel, avec le même souhait et le Maître lui dit : Ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse ne le fais pas à autrui. C'est toute la Torah, le reste n'est que commentaire : va et apprends-le. (Shabbat 31a)

Plusieurs convertis se sont réunis en un seul endroit et ils ont dit : L'impatience de Shammaï a cherché à nous chasser du monde, la patience de Hillel nous a amenés sous les ailes de la Shekhina. (Shabbat 31a) 

Alors si c’est tellement primordial d’aimer dans le Judaïsme, il y a lieu de se poser la question : Finalement, c’est quoi l’amour ? Est-ce vraiment possible d’aimer comme la Torah nous le demande ? Pour répondre, nous pourrons utiliser la définition du Rambam qui est extrêmement intéressante.

Chacun se doit de se préoccuper du bien-être et des biens de son prochain comme de ses propres biens. Il est recommandé à tout un chacun d’honorer ses amis de même qu’il souhaite être respecté. L’amour et la compassion pour les autres doivent s’appliquer à tous les niveaux et dans toutes les circonstances. Nous nous devons de préparer à assurer pour l’autre ce que nous souhaitons pour nous-mêmes. (Le Rambam)

En d’autres termes, le Rambam nous dit qu’aimer c’est savoir se mettre à la place de l’autre. Le niveau le plus basique de cette forme d’amour, c’est la compassion, c’est-à-dire compatir lorsque notre prochain a de la peine et, par conséquent, faire de son mieux pour lui éviter tout désagrément.

Voici également comment le Baal Chem Tov, le fondateur de la ‘Hassidout, interprète ce verset d’aimer son prochain.

De la même façon que tu considères ton prochain, Hashem te considère. Plus tu aimeras les autres, plus D.ieu t’aimera. (Baal Chem Tov)

En effet, Hashem réagit ainsi avec notre comportement : Il réplique d’en haut ce que nous performons en bas, si nous jugeons positivement notre prochain, D.ieu nous jugera positivement, si nous sommes généreux avec ceux qui sont dans le besoin, Hashem sera généreux envers nous et si nous sommes remplis de compassion pour notre prochain, il le sera aussi envers nous, etc…

Pour le Baal Chem Tov, c’est cette relation d’amour entre les hommes qui servira de réel réceptacle à la bénédiction d’Hashem sur terre. Selon le principe de mida kenegued mida énoncé précédemment, plus nous serons capables de nous aimer les uns les autres, plus Hashem nous fera bénéficier, en retour, de son amour infini.

On comprendra alors aisément pourquoi le commandement d’aimer son prochain est donc, selon Shaoul et d’autres grands Maîtres d’Israël, la base de toute la Torah…

Alors, sachons nous aimer nous-mêmes afin de pouvoir aimer les autres d’une façon forte, belle et puissante. Comme nous l’avons vu, il s’agit là du socle le plus fondamental de toute la Torah. Le reste n’est que commentaire !

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas l’amour, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. L’amour est patient, elle il pleine de bonté ; l’amour n'est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit point de l'injustice mais il se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour mais la plus grande de ces choses, c'est l’amour. (1 Corinthiens 13 :1-13)

 

  • et si vous les blessez dans leur conscience qui est faible : par le fait de les persuader avec mépris de leur erreur…

 

COMMENTAIRE N°2

Dans la Torah 106 du Likouté Moharan, Rabbi Na’hman commence par citer le Psaume 41 du Roi David : Heureux celui qui instruit le pauvre [d’esprit] car au jour mauvais, Hashem le sauvera. Le Talmud, dans le Traité Nédarim écrit qu’il n’y a de pauvreté que la pauvreté mentale. Le manque de conscience est la plus grande pauvreté. Rabbi Na’hman affirme qu’il n’y a donc pas de plus grande miséricorde que de donner de la conscience d’Hashem à celui qui est en dépourvu mais il rajoute que l’essentiel est tout d’abord se donner de la conscience à soi-même lorsque notre esprit se trouve plongé dans une étroitesse. Il faut se renforcer pour sortir de cette étroitesse d’esprit et ainsi accéder à une largesse d’esprit. (Rapporté par le Centre Breslev du Rav Avraham Ifra’h)

 

  • c’est contre le messie que vous fautez : car le Rabbi de Natzeret nous a légués un commandement nouveau : celui de nous aimer les uns et les autres.

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes talmidim, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (Yohanan 13 :34-35)

COMMENTAIRE N°3

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Avraham Ifra’h.

S’aimer avec l’autre. Tels sont les propos de Rabbi Na’hman au sujet de notre relation à autrui. Il y a matière à réfléchir pendant un moment… En d’autres termes, ma relation à l’autre est fondée sur l’échange et non sur l’exploitation. Quelle opposition avec la culture occidentale essavique dans laquelle nous avons évolué ! Derrière la soi-disant, culture des différences, il n’y a que recherche de l’exploitation de ces différences, dans le but de réaliser un profit. En revanche, le message de Rabbi Na’hman est clair : le rapport avec autrui est une optimisation de soi. Non seulement nous n’y perdons rien mais en plus nous y gagnons. L’échange avec autrui permet de découvrir de nouvelles facettes de la vérité qui, comme chacun le sait, est plurielle. Dès lors que je rejette l’autre, cela signifie que ma vérité a un problème de réglage. Ma vérité ne doit pas exclure mais bien favoriser le contact humain, afin de s’enrichir d’autres facettes de la vérité et d’être diffusée. Si tel n’est pas le cas, cela signifie qu’elle se cantonne au beau discours, qu’elle est purement théorique et qu’elle manque de vécu. (…)  La connexion à la source de toute vitalité, c’est-à-dire à Hashem, passe par le dialogue et l’ouverture à mon prochain. Chaque individu, au moyen de son âme, incarne une facette de la vérité, une partie du nom divin. En cela, chaque individu sur terre est une borne de connexion à Hashem. Ainsi, m’ouvrir à l’autre, c’est faire parler son âme et m’enrichir de sa facette de la vérité. Pourquoi fait-on des enfants ? Pour que de nouvelles facettes de la vérité parviennent dans ce monde ! Par conséquent, dès lors que nous excluons un individu de notre cercle, nous perdons l’usage d’une borne de connexion. Le réseau est plus lent, la connexion bégaye… La vision de la vérité est, elle aussi, incomplète et haletante. (Rav Avraham Ifra’h)

 

 

 

 

 

 

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13.     Ainsi, si ma nourriture scandalise mon frère, je ne mangerai pas de viande en pèrennité, de peur que mon frère ne trébuche.

 

  • Ainsi, si ma nourriture scandalise mon frère : dans l’idée de le froisser ou de le blesser…

 

Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin et de s'abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse. (Romains 14 :21)

 

  • je ne mangerai pas de viande en pèrennité : de viande sacrifiée aux idoles.

Pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul, on pourra s’inspirer du Traité Pessa’him [pour la kavana et non en fonction du contexte car bien évidemment, les viandes sacrifiées aux idoles sont prohibées par la Torah par les Écrits Nazaréens eux-mêmes].

Sanctifie-toi par ce qui t’est permis. Des choses autorisées que d’autres ont pour habitude de s’interdire, ne te les permets pas en leur présence. (Pessa’him 50b)

 

  • de peur que mon frère ne trébuche : dans l’idée d’être blesser ou comme nous l’avons vu, scandaliser…