CHAPITRE 7

Le chapitre est complet, tous les versets sont disponibles

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1.     Pour ce que vous m’avez écrit, il est beau pour l’homme de ne pas toucher à la femme.

 

  • Pour ce que vous m’avez écrit : les Nazaréens de Corinthe avaient écrit à l’A­pôtre Shaoul pour lui de­man­der probablement, son avis sur tous les su­jets trai­tés dans le cha­p. 7 de cette Lettre ; des opi­nions di­verses et des dis­cus­sions s’é­taient éle­vées à cet égard au sein de la communauté Nazaréenne.

COMMENTAIRE N°1

 

L’impudicité de la ville de Corinthe avait une influence sur certains Nazaréens, comme nous pu le constater au chap. 5 de cette Lettre.

 

On entend dire généralement qu'il y a parmi vous de l'impudicité et une impudicité telle qu'elle ne se rencontre pas même chez les non-Juifs ; c'est au point que l'un de vous a la femme de son père. (1 Corinthiens 5 :1)

 

D’une part, l’impudicité était au rendez-vous mais d’autre part, il semblerait également qu’une une par­tie des membres de la communauté Nazaréenne cher­chaient un de­gré su­pé­rieur de sain­teté dans l’abs­ten­tion de re­la­tions conju­gales. L’Apôtre Shaoul va alors essayer de rétablir un équilibre et la vérité sur ce point.

 

De là, les ques­tions sur le ma­riage en gé­né­ral, sur le di­vorce, en par­ti­cu­lier sur le cé­li­bat re­la­ti­ve­ment aux veuves et aux vierges, etc…

  • il est beau : cela pourrait être honorable.

 

  • pour l’homme de ne pas toucher à la femme : étant un grand érudit, l’Apôtre Shaoul déclare "honorable" la kavana de ne pas se ma­rier…

Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi mais chacun tient de D.ieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre. (1 Corinthiens 7 :7)

Quiconque a un désir ardent et permanent de la Torah et la médite comme Ben Azaï, au point d’’y être attaché toute sa vie et de ne pas se marier, ne commet pas de faute, à condition que son désir ne le domine pas. Mais si le désir le domine et devra se marier même s’il a déjà des enfants, afin qu’il n’en vienne pas à de mauvaises pensées. (Michné Torah du Rambam, Lois sur le mariage, chap. 15 :3)

 

Celui qui passe toute sa vie à étudier la Torah comme Ben Azaï et n'a pas épousé une femme n'est pas considéré comme un pécheur car ses pulsions ne l'ont pas vaincu. (Choul’han Aroukh, Even HaEzer 1: 4)

 

COMMENTAIRE N°2

Pour commencer, il est vrai que le sujet du "célibat" proclamée par Shaoul a retenu l'attention d'un certain nombre de Nazaréens assez étonnés… Pour mieux comprendre, il faut analyser l’opinion de Shaoul en lien avec le contexte général de la Lettre aux Corinthiens.

Tout d’abord, la Torah considère le mariage et la fécondité comme étant un devoir primordial pour perpétuer le peuple de D.ieu ; les réalités de la vie quotidienne Juive, dont faisait partie Shaoul ne toléraient en aucun cas, le célibat… Néanmoins, le contexte littéraire des Lettres de Shaoul, en particulier celle aux Corinthiens, suggère que, dans la communauté de Corinthe, un groupe de gens appartenant aux tendances plutôt apocalyptiques choisissaient la continence sexuelle comme idéal de vie pour se préparer à la venue très prochaine du Mashiah, ce qui rappelle d'ailleurs le statut personnel "non marié" de Shaoul lui-même. Le contexte littéraire des passages où Shaoul parle du "célibat" indique que lorsqu’il parle de cet état de vie, il se situe dans une perspective générale marquée par l’espoir de l’arrivée imminente du Mashiah, en plus de nombreuses persécutions que subissaient la communauté de Corinthe.

Voici donc ce que j'estime bon, à cause des temps difficiles qui s'approchent. (1 Corinthiens 7 :26)

Voici ce que je dis, frères, c'est que le temps est court. (1 Corinthiens 7 :29)

Ainsi, selon Shaoul puisque le temps se fait court et que la figure de ce monde passe, l'important n'était plus tellement de changer son état de vie pour un autre mais plutôt de servir pleinement D.ieu dans la condition même où l'on se trouve, selon le don reçu de D.ieu.  L'imminence de la fin des temps constitue pour ainsi dire un facteur déterminant pour comprendre les thèmes à propos du mariage et du célibat de la Lettre aux Corinthiens.

COMMENTAIRE N°3

En plus de cela, il est aussi important de poser ici certaines bases : l’Apôtre Shaoul parle en fonction du contexte plutôt compliqué des Corinthiens lié à de nombreuses déviances impudiques, à des persécutions ou encore à des comportements ascètes… S’il po­sait ici un principe gé­né­ral en déclarant le célibat comme valable, Rabbi Shaoul de Tarse se­rait en totale contradiction avec la Torah ! En effet, Hashem en don­nant à l’­homme une femme, a fondé le principe du ma­riage.

L'Éternel Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. (Béréshit 2 :18)

Néanmoins, comme nous le savons, il est des temps et des cir­cons­tances où tels ser­vi­teurs de D.ieu, comme l’Apôtre Shaoul, pouvaient effectivement, se sen­tir ap­pe­lés à sa­cri­fier li­bre­ment ces moments de bonheur marital, pour se dé­vouer en­tiè­re­ment à la cause de l’Évangile. Cependant, ceci n’est pas le cas pour la plupart d‘entre nous.

Il leur répondit : Tous ne comprennent pas cette parole mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. (Matityahou 19 :11-12)

En complément de cette interprétation, il nous faut aussi mé­di­ter avec calme et sérieux les pa­roles du Mashiah concernant les point abordés. À la lu­mière de ces pro­fonds enseignements, chaque talmid sin­cère de l’Admor Yeshoua trou­vera son propre chemin par rapport à cela sachant qu’encore une fois, la règle et le commandement divin est bel et bien, de se marier.

Il est patent de constater que l’homme contrairement à la femme, ne tend pas naturellement vers le mariage. La femme, alors qu’elle n’est encore qu’une toute jeune enfant, rêve déjà du jour de son mariage. Il n’existe aucun phénomène équivalent chez l’homme. La Torah, consciente de cette réalité, impose à l’homme l’obligation de se marier, alors que la femme en est dispensée ainsi qu’il est rapporté dans une Mishna du sixième chapitre du Traité Yévamot 65b : L’homme a l’obligation d’accomplir la mitsva de la procréation alors que la femme en est dispensée. En effet, quel besoin y-a-t-il d’imposer à la femme l’obligation du mariage, alors qu’elle y tend de tout son être ? La Guémara, dans le Traité Kidoushin 7a, dit au nom de Rèch Lakiche : tav lémeitav tan do milémeitav armelo, ce qui signifie que la femme préfère se marier plutôt que de rester seule, quitte à ne pas être trop exigeante sur le choix du conjoint. On peut essayer de comprendre pourquoi l’homme ne tend pas naturellement vers le mariage. L’homme va se définir essentiellement par son rapport à l’étude… En effet, ce qu’on attend de l’homme, c’est sa capacité à appréhender des sujets et des thèmes variés de la Torah et à y consacrer le plus clair de son temps. La femme quant à elle, n’est pas dotée de cette vocation intellectuelle. Elle est plutôt conçue comme la dispensatrice de la vie, à l’image de ‘Hava.  On peut dès lors saisir l’écart entre l’approche masculine et l’approche féminine de la vie.  Par conséquent, il est évident que celle dont la vocation est de donner la vie, tendra de tout son être à mettre en place un cadre propice à la réalisation de cette vocation, à savoir le mariage. Cependant, l’homme dont toute la vocation est d’étudier la Torah ne sera jamais aussi bien que dans le cadre d’une yéchiva ou d’un beth hamidrash. Pourquoi dès lors devrait-il se marier ? Parce que la Torah est une Torah de vie et non pas une science réservée aux acrobates de l’intellect, ainsi que l’explique Don Its’hak Abrabanel, un des plus importants commentateurs du Tanakh : assurer la continuité de l’espèce humaine est plus important encore que le fait de s’adonner à la sagesse. L’homme est donc un être porté vers les hauteurs spirituelles et sublimes mais il doit accepter de descendre de son piédestal pour prendre femme. (Rav Emmanuel Boukobza)

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


2.     Mais à cause des puteries, que chacun ait sa femme, et chacune son mari.

 

  • Mais à cause : l’Apôtre Shaoul parle en fonction du contexte corinthien.

  • des puteries : du grec "porneia"…

Voici la définition du mot grec "porneia" :

  • la pornographie : la représentation de choses, de comportements obscènes dans le domaines cinématographique, littéraire ou autres domaines artistiques.

  • toutes formes d’obscénités. 

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • relations sexuelles avec un proche parent, selon le Sefer Vayikra chap. 18…

  • relations sexuelles avec un divorcé, selon l’Évangile de Marcos chap. 11… 

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur.

  • infidélité : violation du devoir de fidélité entre époux, qui peut constituer une cause de divorce ou de séparation.

  • prostitution : le fait de livrer son corps aux plaisirs sexuels d'autrui pour de l'argent et d'en faire métier.

  • adultère : fait d'avoir volontairement des rapports sexuels avec une personne autre que son conjoint.

  • l’homosexualité : attirance sexuelle pour les personnes du même sexe.

  • la zoophilie : rapports sexuels d'un être humain avec un animal.

  • au sens métaphorique, le terme parle aussi du culte des idoles, de la souillure de l'idolâtrie, provenant d’une consommation de sacrifices offerts aux idoles.

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

Voici également la définition du mot dérivé en grec "porneuo" :

  • prostituer son corps en vue de la convoitise d'un autre…

  • se livrer à l'impudicité,

  • se livrer à une relation sexuelle illicite [en dehors du mariage] …

  • au sens métaphorique, être adonné à l'idolâtrie ou le fait de permettre à quelqu’un de nous conduire à l'idolâtrie.

Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-quatre mille en un seul jour. (1 Corinthiens 10 :8)

Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Izevel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. (Révélation 2 :20)

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "porne" :

  • une femme prostituée qui vend son corps pour un usage sexuel,

  • une femme satisfaite d'une relation sexuelle illicite, pour le gain ou pour la luxure.

  • au sens métaphorique, pour parler d’une idolâtre ou de "Bavel" c'est-à-dire Rome, le siège principal de l'idolâtrie essavique [le catholicisme au nom de Jésus-Christ].

Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Mashiah ? Prendrai-je donc les membres du Mashiah, pour en faire les membres d'une prostituée ? (1 Corinthiens 6 :15)

Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. (Révélation 17 :5)

Pour finir, voici la définition d’un autre mot grec d’origine "pornos" :

  • un homme qui prostitue son corps et le loue en vue de la convoitise d'un autre,

  • un homme qui se complaît dans la relation sexuelle illicite,

  • fornication : relations sexuelles en dehors du mariage…

  • impudicité : absence exagérée de discrétion et de pudeur.

Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! (Révélation 22 :15)

 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux, je hais la conduite des pécheurs ; elle ne s'attachera pas à moi. (Téhilim 101 :3)

Le mot "porneia" est liée au concept moderne de la pornographie : vidéos, images ou écrits érotiques créés pour provoquer une excitation sexuelle.  Dans notre génération, la pornographie est partout... Il y a quelques années, il était difficile d’avoir du matériel pornographique mais maintenant, un simple clic de souris ou une touche de télécommande sont largement suffisants pour avoir accès à toute cette débauche… En effet, la débauche sexuelle est de plus en plus accentuée avec l’évolution de notre société. Nous avons corrompu la sexualité plus que tout autre domaine de la vie ! La grande majorité des recherches sur le web tournent autour de la pornographie et pour certains, c’est un mode de vie et une routine quotidienne…

Étant un fléau mondial, il est donc facile de tomber dans la faute de l'impureté sexuelle dénoncée dans les Écrits Nazaréens.

Que l'impudicité, qu'aucune espèce d'impureté, et que la cupidité, ne soient pas même nommées parmi vous. (…) Car sachez-le bien, aucun impudique ou cupide ; c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le Royaume du Mashiah et de D.ieu. (Éphésiens 5 :3-5)

Partout où tu trouves de l’immoralité sexuelle ou de l’idolâtrie, une catastrophe générale s’abat sur le monde, détruisant indistinctement bons et mauvais. (Béréshit Rabah 26 :5)

Quand des pays, des régions, des villes entières sont contre la Torah, cela déclenche forcément des effusions de négativité : nous sommes liés avec ce monde et nos actions dans le bien comme dans le mal ont un impact sur la Création. En effet, nous avons de grandes forces : nous pouvons construire le monde ou, hass véchalom, le détruire…

Il existe des fautes qui engagent un processus de destruction et parmi elles, on trouve les fautes sexuelles, comme il est dit : Dieu déteste la débauche. (Sanhédrin 106a)

Fuyez l'impudicité. Quelque autre péché qu'un homme commette, ce péché est hors du corps mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son propre corps. (1 Corinthiens 6 :18)

Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari. (1 Corinthiens 7 :2)

L’expression de l’amour entre époux a malheureusement été remplacée par la convoitise, par une vie débridée et par une débauche insatiable. On retrouvera cette impudicité extrême dans la génération qui a précédé le déluge...

D.ieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre. (Béréshit 6 :12)

Rabbi Yohanan a enseigné : cette génération accouplait les animaux domestiques avec les animaux sauvages, les animaux sauvages avec les animaux domestiques ; tous avec l'homme et l'homme avec tous. (Torah Témima, Béréshit 6 :12)

Ce qui arriva du temps de Noa’h arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. (Matityahou 24 :37)

Dans notre génération, la pornographie présente plusieurs formes d’impudicité à l’extrême comme les actes homosexuels, les orgies, etc… La délectation de tels spectacles est une abomination pour D.ieu.

Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le Royaume de D.ieu. (1 Corinthiens 6 :9-10)

 

Je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans le cœur. (Matityahou 5 :28)

La pornographie est une catastrophe qui détient une vision faussée de la réalité de la vie et de la sexualité. Elle présente, généralement, la femme comme une esclave sexuelle impatiente de répondre aux moindres désirs de l'homme et elle induit ainsi, des rapports faussés entre l'homme et la femme. En réduisant l'acte sexuel aux relations bestiales ayant pour but l'excitation et la satisfaction, la pornographie ôte aux rapports intimes, la dimension divine et saine de l’amour entre deux époux.

La pornographie est donc un fléau qui frappe mais qui en plus, engendre également une dépendance destructrice car elle nous pousse à être esclave de la corruption et de davantage de perversité ! Tout comme l’addiction pousse les toxicomanes à consommer de plus en plus, la pornographie entraîne celui qui la consomme de plus en plus loin dans la dépendance sexuelle et vers des fantasmes de plus en plus lointains… Il est évident qu’il est également interdit d’être dans un état de dépendance pour une chose contraire aux chemins de la Torah d’Israël.

Chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. (2 Kéfa 2 :19)

Maintenant, il est aussi évident que contrôler des envies puissantes et soudaines est un défi extrêmement grand, alors encourageons-nous car notre génération est la pire mais également la plus méritante : aucun de tous les grands hommes de Torah n’ont connu une telle abomination ; notre génération représentant la débauche sexuelle poussée dans le cas le plus extrême… Notons également qu’un désir ne fait pas de nous quelqu’un de mauvais, il faudra donc faire attention de ne pas nous retrouver submergés par des sentiments de culpabilité en raison de nos chutes. Il est plus important d'essayer de mettre tout notre cœur dans le but de nous améliorer et de devenir des meilleures personnes : celui qui combat, malgré les chutes incessantes et qui gagne la pornographie est un héros aux yeux d’Hashem. 

Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et D.ieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10 :13)

 

 

  • que chacun ait sa femme : l’Apôtre Shaoul prescrit non pas le "don du célibat" mais bien le fait de se marier.

 

COMMENTAIRE N°2

Nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Emmanuel Boukobza pour mieux comprendre la notion de l’importance du mariage.

Se marier est une mitsva qui s’inscrit dans le monde réel avec ses imperfections et ses limitations. Les célibataires qui ne se marient pas, malgré le nombre élevé de propositions qui leur sont faites, sont des gens qui confondent fantasmes et réalité… Il faut passer de la théorie et de l’étude de la Torah, à sa réalisation pleine et entière qui ne peut se faire que dans le cadre du mariage car en effet, comme l’expliquent nos Sages dans le Midrash Raba sur Béréshit : Rabbi Yéhochoua de Saknin a dit au nom de Rabbi Lévi : Tout celui qui réside dans ce bas-monde sans être accompagné d’une épouse, sa vie n’est pas une vie. Il est à noter qu’étant donné que la mitsva de se marier revêt une grande importance au point de se placer en tête dans le décompte des mitsvot, le yetser hara ne voit pas d’un très bon œil les tentatives des célibataires de mettre fin à leur célibat. (Rav Emmanuel Boukobza)

 

COMMENTAIRE N°3

Le Talmud est assez strict concernant le mariage de l’homme.

 

Rava a dit et de même, l'école de Rabbi Yichmaël a enseigné : Jusqu'à ce que l' on atteigne l'âge de vingt ans, le Saint Béni soit-Il, s'assoit et attend un homme, en disant: Quand épousera-t-il une femme. Une fois qu'il a atteint l'âge de vingt ans et ne s'est pas marié, il dit : Que ses os gonflent, c'est-à-dire qu'il est maudit et que D.ieu ne se soucie plus de lui. (Kidoushin 29b)

 

 

  • et chacune son mari : le mariage est donc nécessaire selon le contexte des Corinthiens mais bien au-delà de cela, c’est également [et surtout] une mitsva de la Torah.

Celui qui trouve une femme trouve le bonheur ; c'est une grâce qu'il obtient de l'Éternel. (Mishlé 18 :22)

 

COMMENTAIRE N°4

 

Si l'un des buts du mariage est de croître et multiplier, un autre des buts recherchés est celui d'élever les enfants dans l'instruction de la parole de D.ieu afin qu'ils continuent de porter et de transmettre le message prophétique de la Torah.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

3.     Que l’homme paye sa dette envers sa femme et la femme envers son homme.

 

  • Que l’homme paye sa dette envers sa femme : l’époux a des obligations.

 

Maris, aimez vos femmes, comme le Mashiah a aimé la Kéhila et s'est livré lui-même pour elle. (…) C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair mais il la nourrit et en prend soin, comme le Mashiah le fait pour la Kéhila parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport au Mashiah et à la Kéhila. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même. (Éphésiens 5 :25-33)

Maris, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles. (Colossiens 3 :19)

 

Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. (1 Kéfa 3 :7)

 

 

  • et la femme envers son homme : l’épouse a également des obligations.

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur car le mari est le chef de la femme, comme le Mashiah est le chef de la Kéhila, qui est son corps et dont il est le Sauveur. Or, de même que la Kéhila est soumise au Mashiah, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. (Éphésiens 5 :22-24)

 

Que la femme respecte son mari. (Éphésiens 5 :33)

 

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. (Colossiens 3 :18)

 

Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes. (1 Kéfa 3 :1)

 

Dis que les femmes âgées doivent aussi avoir l'extérieur qui convient à la sainteté, n'être ni médisantes, ni adonnées au vin ; qu'elles doivent donner de bonnes instructions, dans le but d'apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de D.ieu ne soit pas blasphémée. (Titus 2 :3-5)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

4.     La femme n’a pas de pouvoir sur son corps, mais l’homme. De même, l’homme n’a pas de pouvoir sur son corps, mais la femme.

 

  • La femme n’a pas de pouvoir sur son corps : car l’épouse appartient au l’époux [par les liens du mariage].

 

La description par la Torah des droits conjugaux de l'intimité par l'épouse comme quelque chose d'ancré dans la loi est donc tout à fait compréhensible. Naturellement, ce droit est réciproque, le mari ayant réciproquement droit à l'intimité avec le corps de sa femme. (Baal HaTourim)

 

 

  • mais l’homme : l’homme a autorité sur le corps de son épouse [dans l’intention de prendre soin d’elle comme sa propre chair].  

Maris, aimez vos femmes, comme le Mashiah a aimé la Kéhila et s'est livré lui-même pour elle. (…) C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair mais il la nourrit et en prend soin. (Éphésiens 5 :25-29)

 

  • De même, l’homme n’a pas de pouvoir sur son corps : car l’époux appartient à l’épouse [par les liens du mariage].

C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. (Béréshit 2 :24)

 

  • mais la femme : la femme a également autorité sur le corps de son époux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


5.     Ne vous privez pas l’un de l’autre, sinon d’un commun accord, pour un temps, afin d’avoir le loisir de prier. Puis de nouveau soyez ensemble, de peur que Satân ne vous éprouve en votre manque de maîtrise.

 

  • Ne vous privez pas l’un de l’autre : dans les périodes où l'épouse est permise. 

 

COMMENTAIRE N°1

 

Loin de prôner l'abstinence, la loi Juive encourage à entretenir la sexualité au sein du couple. Par exemple, selon Hillel et Shammaï, le voeu d'abstinence des rapports conjugaux, aussi bien de la part de l'homme que de la femme, ne peut dépasser une ou deux semaines, sous peine de conduire soit à la débauche, soit au divorce.

 

Quiconque s’est interdit par vœu d’avoir des relations conjugales avec sa femme devra répudier sa femme au bout de deux semaines, selon Beit Shammaï, au bout d’une semaine selon Beit Hillel. (…) La fréquence du devoir conjugal prescrit par la Torah est quotidienne pour les gens inoccupés, pour les ouvriers elle est de deux fois par semaine ; pour les âniers, une fois par semaine ; pour les chameliers, une fois par mois ; pour les marins, une fois tous les six mois. Ce sont les propos de Rabbi Eliezer. (Mishna Kétouvot 5 :6)

 

Il y a la mitsva de la jouissance des droits conjugaux. L'une des obligations matrimoniales du mari est d'avoir des rapports sexuels avec sa femme à intervalles réguliers, ce qui est considéré comme une mitsva. (Pessa’him 72b)

 

De plus, selon la Torah, priver sa femme de rapport sexuel revient à transgresser un interdit biblique. En effet, la Torah oblige le mari à satisfaire son épouse sur le plan vestimentaire, alimentaire et sexuel.

 

Il ne retranchera rien pour la première à la nourriture, au vêtement, et au droit conjugal. (Shemot 21 :10)


La Mishna enseigne qu'un mari a l'obligation d'avoir des relations sexuelles avec sa femme. La fréquence à laquelle il est obligé dépend de son travail. L'idée selon laquelle un mari a l'obligation d'avoir périodiquement des relations avec sa femme découle du Sefer Shemot au chap.21 qui stipule que si un homme prend une deuxième femme, il ne peut pas lui retirer trois choses : la nourriture, les vêtements ou les droits conjugaux. (Daf Shevui sur Ketouvot 61b)

 

 

  • sinon d’un commun accord : dans l’idée de s’accorder un temps de réflexion et de recherche spirituelle.

 

 

  • pour un temps : même pendant le mariage [le but étant de se consacrer pleinement au Maître du monde et à la cause de l’Évangile].

 

COMMENTAIRE N°2

 

Nous servons Hashem avec notre épouse mais malgré tout, il est bon de se consacrer pleinement à la Torah afin mieux comprendre les concepts de la Brit Hadasha et d’amener plus rapidement la guéoula.

 

Les étudiants peuvent quitter leur domicile et voyager afin d'apprendre la Torah sans l'autorisation de leur femme pendant une période pouvant aller jusqu'à trente jours et les travailleurs peuvent quitter leur domicile sans l'autorisation de leurs épouses pour une semaine au maximum. (…) C'est la déclaration de Rabbi Eliezer. (Kétouvot 61b)

 

En l’occurrence, se séparer un temps est bon et permet également de se mieux retrouver avec son épouse ; ceci est d‘ailleurs, enseigné concernant la mitsva des lois de pureté familiale. En effet, les lois de pureté familiale, imposant alternativement des périodes différentes dans la relation du couple, suscitent la nostalgie puis la joie des retrouvailles.

 

  • afin d’avoir le loisir de prier : il faut en­tendre ces temps so­len­nels où l’on se met­tait à part pour mieux chercher la face d’Hashem et pen­dant les­quels, les Nazaréens re­non­çaient à toute jouis­sance, même à la nour­ri­ture, afin que l’­homme tout en­tier pût se li­vrer, sans dis­trac­tion, à des prières et à des mé­di­ta­tions profondes.

 

  • Puis de nouveau soyez ensemble : le principe de l’Apôtre étant, bien évidemment, de "se séparer pour mieux se retrouver" …

 

  • de peur que Satân ne vous éprouve en votre manque de maîtrise : l’Apôtre Shaoul fait référence au yetser hara des pulsions sexuelles et impudiques.

Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! (1 Corinthiens 10 :12)

 

COMMENTAIRE N°3

Dans le Talmud, il est des récits qui dépeignent autant la grandeur que la faiblesse de l’homme ; dans le Traité Kidoushin, par exemple, nous avons affaire à un homme capable d’être consumé par son désir tout en exploitant le peu de lucidité qui lui reste pour le neutraliser.

Quelques femmes qui avaient été prises en captivité, avaient été rachetées et amenées à Nehardéa. Elles avaient été placées dans le grenier de Rav Amram le 'hassid et l’échelle avait été retirée. La nuit, un faisceau de lumière réfléchit l’une des femmes, révélant sa beauté. Rav Amram fut saisi par la tentation et déplaça l’échelle pour monter. Alors qu’il était à mi-hauteur, il cria : Au feu ! Ses élèves accoururent à sa maison… Après avoir vu qu’il n’y avait pas d’incendie, ils lui dirent : Tu nous a fait honte ! Rav Amram répondit : Il vaut mieux souffrir de honte dans ce monde que dans le Olam Haba. (Kidoushin 81a)

Le Talmud ne se fait pas d'illusion sur la faible capacité des hommes à résister à leurs pulsions…. D’ailleurs, si la transgression devient inévitable, le Talmud recommande la plus grande discrétion.

Rabbi Its’hak a dit : transgresser en secret équivaut à piétiner la présence divine, selon ce qui est écrit : Ainsi parle l'Eternel: Le ciel est mon trône et la terre mon marchepied. (Yeshayahou 66 :1). Rabbi Elaa HaZaken n'a-t-il pas dit que celui qui se voit submergé par son désir n’aille là où personne ne le connaît, qu’il se vêtît de noir, se recouvre de noir et agisse selon les désirs de son cœur afin de ne pas profaner le nom divin en public ? Il n'y a pas de contradiction : dans le premier cas, il s’agit d’un cas où il peut contenir son désir tandis que dans le deuxième cas, il ne le peut pas. (Traité Haguiga 16a)

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


6.     je dis cela par concession ; ce n’est pas un ordre.

 

  • je dis cela par concession : les Nazaréens de Corinthe devaient réellement rechercher la face d’Hashem de tout leur cœur et se renforcer dans leur couple afin d’éviter toutes tentations charnelles incitées par le contexte de Corinthe.

 

 

  • ce n’est pas un ordre : une ordonnance apostolique.

 
 
 
 
 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


7.     Je voudrais que tout homme soit comme moi-même, mais chacun a reçu d’Elohîms son propre charisme, l’un ceci, l’autre cela.

 

  • Je voudrais que tout homme soit comme moi-même : totalement dévoué pour la cause de l’Évangile au point de ne pas être marié.  

 

COMMENTAIRE N°1

Un homme sans femme est sans joie, sans bénédiction, sans bonheur, sans savoir, sans protection, sans paix, il n'est pas un homme. (Yévamot 62b)

 

Cette approche de l’Apôtre Shaoul doit être lié à son vécu personnel et à sa piété personnelle car comme on le rappelle, Shaoul était un véritable homme pieux… Or, ce qu’il dit ne peut pas être une règle générale car tous les hommes sont appelés à se marier ; le cas de l’Apôtre Shaoul était extrêmement rare et c’est d’ailleurs pourquoi, ils préconisent de se marier et non de rester célibataires.

 

Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari. (1 Corinthiens 7 :2)

 

Ne vous privez point l'un de l'autre. (1 Corinthiens 7 :5)

S'ils manquent de continence, qu'ils se marient car il vaut mieux se marier que de brûler. (1 Corinthiens 7 :9)

L’Apôtre Shaoul souhaitaient que tous les hommes sachent maîtriser leurs penchants et désirs comme lui, quel que soit le domaine, au point qu’ils puissent totalement se maîtriser… Néanmoins, tous n'ont pas reçu cette force de sanctification. Ainsi, Shaoul leur demande de ne pas se priver d’épouses et de rapports sexuels car le yetser hara les attend au tourant…

 

COMMENTAIRE N°2

Chaque Maître du Talmud possédait ses qualités et ses vertus. À propos de Ben Azaï, un contemporain de Rabbi Akiva, la tradition met en exergue son amour exclusif de la Torah, au point qu’il ne put se marier… Cette vertu n’est pas prônée par le Judaïsme et seuls quelques êtres d’exception peuvent vivre cet amour unique.

Il est enseigné dans une beraïta que le Rav Eliezer dit : Quiconque ne s'engage pas dans la mitsva pour être fécond et se multiplier est considéré comme s'il verse du sang, comme il est dit : Quiconque verse le sang de l'homme, par l'homme son sang être versé. (Béréshit 9 :6). Et il est écrit immédiatement après : Et vous, soyez féconds et multipliez-vous. (Béréshit 9 :7) (…) Ben Azzai dit: C'est comme s'il verse du sang et diminue également l'image divine, comme il est dit : Et vous, soyez féconds et multipliez-vous, après le verset qui fait allusion à la fois au sang versé et à l'image divine.. Ils ont dit à Ben Azzai: Il y a un type d'érudit qui expose bien et qui accomplit bien ses propres enseignements et un autre qui explique bien et qui n'accomplit pas bien ; et vous, qui ne vous êtes jamais marié, expliquez bien l'importance de la procréation, pourtant vous n'accomplissez pas bien vos propres enseignements. Ben Azzai leur a dit : Que dois-je faire, mon âme aspire à la Torah et je ne veux rien faire d'autre. Il est possible que le monde soit maintenu par d'autres, qui sont engagés dans la mitsva pour être féconds et se multiplier. (Yévamot 63b)

 

Quiconque a un désir ardent et permanent de la Torah et la médite comme Ben Azaï, au point d’’y être attaché toute sa vie et de ne pas se marier, ne commet pas de faute, à condition que son désir ne le domine pas. Mais si le désir le domine et devra se marier même s’il a déjà des enfants, afin qu’il n’en vienne pas à de mauvaises pensées. (Michné Torah du Rambam, Lois sur le mariage, chap. 15 :3)

 

Celui qui passe toute sa vie à étudier la Torah comme Ben Azaï et n'a pas épousé une femme n'est pas considéré comme un pécheur car ses pulsions ne l'ont pas vaincu. (Choul’han Aroukh, Even HaEzer 1: 4)

 

 

  • mais chacun a reçu d’Elohîms son propre charisme : l’Apôtre Shaoul fait référence aux dons d’Hashem donnés aux hommes, chacun pour sa mission personnelle dans le monde. 

 

COMMENTAIRE N°3

Quand Hashem a vu Adam seul dans le jardin d'Eden, il a dit : Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul, ainsi Hava a été créée pour répondre au besoin relationnel d'Adam, et tous deux se sont unis pour la vie, y compris sexuellement, par les liens du mariage. Si la Lettre aux Corinthiens présente le célibat sous un jour "positif", le mariage est cependant bel et bien considéré comme la norme. C'est un don d'amour de D.ieu pour l'humanité et le principal contexte dans lequel, notre désir d'intimité trouve une réponse. Les personnes seules auront donc vraisemblablement à combattre la solitude et les tentations sexuelles. Certains chercheront à les réduire en se mariant, c’est d’ailleurs le conseil de l’Apôtre Shaoul ; d'autres choisiront, certes, de ne pas se marier mais par cela, ils lutteront toute leur vie probablement contre leur yetser hara… En effet, plus nous nous sentons seuls, plus nous sommes susceptibles de nourrir des fantasmes sexuels et de tomber dans le péché mais ceci est tout à fait normal car nous n'avons pas été conçus pour vivre seuls. Béézrat Hashem, bon nombre de personnes, aujourd'hui seules, se marieront un jour car aucun Nazaréen ne doit rester célibataire pour toujours. Shaoul était un cas exceptionnel et même lorsqu’il parle du célibat dans la Lettre aux Corinthiens, il parle dans un contexte particulier…

Le mariage terrestre reflète le mariage dont Di.eu veut jouir avec son peuple Israël pour toujours. Les Écrits Nazaréens nous parlent même du Mashiah Yeshoua comme de l'époux qui reviendra en tant que Mashiah ben David. Ce jour-là, d’ailleurs, toute souffrance disparaîtra, y compris celle d'un mariage difficile ou d'un célibat. D.ieu essuiera toute larme de nos yeux.

Des religions du monde entier, comme le catholicisme, exigent le célibat de certains de leurs chefs religieux mais beaucoup de gens voient dans notre génération, que cette pratique est à l’origine des récentes vagues de scandales sexuels dans lesquels, des ecclésiastiques de différentes confessions, principalement chrétiennes catholiques, ont été impliqués. N’est-il donc pas logique de se demander si le célibat des ministres chrétiens est une exigence biblique ? En 2006, dans un discours à la curie romaine, le pape Benoît XVI a associé le célibat obligatoire à une tradition qui remonterait à une époque proche de celle des Apôtres. Le célibat, cependant, n’était pas une coutume religieuse pratiquée par les Nazaréens : Shaoul était une exception… En effet, tous les Apôtres étaient mariés et avaient, peut-être, des enfants… 

N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme font les autres Apôtres et les frères du Seigneur et Kéfa ? (…) Nous n'avons point usé de ce droit ; au contraire, nous souffrons tout, afin de ne pas créer d'obstacle à l'Évangile du Mashiah. (1 Corinthiens 9 :5-12)

La belle-mère de Shimon. (Loucas 4 :38)

En fait, même l’Apôtre Shaoul, qui vivait au Ier siècle, avait mis en garde les premiers Nazaréens contre des pervers qui auraient des paroles trompeuses et qui interdiraient de se marier…

Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier. (1 Timotheos 4 :1-3)

 

Selon certaines sources, c’est au cours du IIème siècle que la pratique du célibat s’est frayé un chemin dans les religions chrétiennes païennes occidentales. Selon le livre Celibacy and Religious Traditions, cela s’accordait avec la nouvelle vague de tempérance sexuelle qui s’était levée sur l’Empire romain… Dans les siècles qui ont suivi, des conciles et ceux qu’on appelle les Pères de l’Église ont encouragé le célibat des ecclésiastiques car ils estimaient que les relations sexuelles étaient dégradantes et incompatibles avec la fonction d’ecclésiastique. Or, ceci est complétement faux d’un point de vue toraïque !

De plus, ni l’Admor Yeshoua, ni Rabbi Shaoul de Tarse n’ont ordonné aux ministres de D.ieu de rester célibataires… Maintenant, si le célibat n’est pas obligatoire, pourquoi Yeshoua et Shaoul en ont-ils parlé pour certains, en termes élogieux ?

Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. (Matityahou 19 :12)

Parce que le célibat peut offrir à une personne plus de possibilités de se consacrer au Maître du monde. Or, ceci n’est pas pour la plupart des hommes, au contraire, ceci est valable pour certaines néchamot très particulières comme celles de Shaoul. Comment comprendre cela ? Au vu du style de vie qu’il avait, quand on y réfléchi, cela est absolument logique ! Il était consacré a un ministère apostolique rude comme la fondation des premières communautés Nazaréennes, il voyageait toute l’année à pied, à dos d’ânes, en bateau et sa vie était constamment menacée de mort… Shaoul était naufragé, battu, menacé de mort, lapidé, critiqué, etc… Vous vous imaginez une femme et des enfants en bas âge vivre dans de telles conditions ?

Sont-ils ministres du Mashiah ? (…) Je le suis plus encore : par les travaux, bien plus ; par les coups, bien plus ; par les emprisonnements, bien plus. Souvent en danger de mort, cinq fois j'ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j'ai été battu de verges, une fois j'ai été lapidé, trois fois j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit dans l'abîme. Fréquemment en voyage, j'ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des non-Juifs, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. J'ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. (2 Corinthiens 11 :23-27)

Car D.ieu (…) a fait de nous, les Apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause du Mashiah (…) nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés ! Jusqu'à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités, errants çà et là ; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant. (1 Corinthiens 4 :9-13)

Une vie familiale stable est impossible dans ce contexte. C’est certainement pourquoi D.ieu lui a donné de ne pas se marier… En aucun cas, nous ne pouvons nous appliquer ces principes à nous-mêmes, sauf si certains prétendent avoir un ministère semblable à celui de l’Apôtre Shaoul. Dans ces cas-là, qu’Hashem fasse grâce, bénisse et ouvre toutes les portes ! 

 

  • l’un ceci, l’autre cela : en effet, les dons et les appels de chacun sont personnels.

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

8.     Maintenant aux non-mariés et aux veuves, je dis qu’il est beau de rester comme moi.

 

  • Maintenant aux non-mariés et aux veuves : en référence à ceux qui n’ont pas ou non plus de conjoints…

 

 

  • je dis qu’il est beau : cela est honorable…

 

 

  • de rester comme moi : non marié…

 

COMMENTAIRE N°1

La Torah a souhaité féliciter Avraham pour son grand amour pour son Créateur. D.ieu était apparu à Avraham et lui avait promis non seulement des enfants mais aussi que ses descendants hériteraient de la terre d’Israël. Avraham considérait le simple fait que D.ieu lui apparaissait comme une raison suffisante pour lui construire un autel. Le sentiment que D.ieu l'avait jugé digne de lui apparaître était si fort qu'Avraham considérait la promesse des enfants et de la terre comme étant secondaire. C'est pourquoi la Torah souligne qu'il a construit l'autel "au D.ieu qui lui est apparu" et c'est aussi ce que David a déclaré dans les Téhilim : Ta présence est une joie parfaite. Peut-être trouvons-nous un écho de ces sentiments lorsque Ben Azaï a refusé de se marier, en disant qu'il était tellement amoureux de la Torah qu'il ne pouvait pas rendre justice aux exigences que lui imposait le mariage (Yévamot 63b). (Ou Ha’Haïm sur Béréshit 12 : 7)

 

COMMENTAIRE N°2

L'essentiel de l'attachement réside dans l'amour, c'est-à-dire que l'homme aimera le Tsadik d'un amour entier, son âme étant attachée à la sienne, au point que grâce à l'amour du Tsadik, il supprimera l'amour des femmes. (Torah n°135 du Likouté Moharan I)

Au sujet de l'attachement au Tsadik, le talmid de Yeshoua pourra développer un tel amour pour son Rabbi qu'il le fera passer avant toutes autres choses… En l’occurrence, Rabbi Shaoul de Tarse avait tellement intériorisé et vécu cette vérité qu'il en est arrivé à ne pas se marier…

N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, comme font les autres Apôtres et les frères du Seigneur et Kéfa ? (…) Nous n'avons point usé de ce droit ; au contraire, nous souffrons tout, afin de ne pas créer d'obstacle à l'Évangile du Mashiah. (1 Corinthiens 9 :5-12)

 

Bien entendu, il s'agit de cas très rares et ces situations ne sont pas à rechercher car la Torah nous a ordonné de nous marier !

 

Le Talmud et certains rabbanim traitent aussi de la question des cas exceptionnels de célibat. La Loi rabbinique permet, en effet, à l'homme de différer de son devoir de fonder une famille et de procréer, ou même de ne pas se marier du tout, comme ce fut le cas de Ben-Azaï qui, à l'époque de la Mishna, avait consacré tout son temps à l'étude de la Torah… Il demeurait persuadé que l'interruption de l'étude, pour le mariage, pouvait ralentir sa recherche religieuse et troubler par surcroît sa vie spirituelle. On prête les paroles suivantes au même Ben Azaï qui ne manquait pas de finesse : Je suis très attaché à mon travail, à l’étude de la Torah et ne peux pas m'engager à fonder une famille et à en prendre soin. La propagation de la race peut être et sera assurée par d'autres… Malgré tout, encoure une fois, ce cas exceptionnel, qui intéresse certains disciples des Sages, ne peut être érigé en règle générale. C'est pourquoi les rabbanim enseignent également qu'il vaut mieux se marier, même si ce n'est pas pour procréer, plutôt que d'être consumé par la passion et l'insatisfaction des désirs car, dans ce cas, on risque, à chaque instant, l'égarement sexuel, la perversion et la prostitution… En cela, le mariage est une institution sociale nécessaire et utile, qui assure l'ordre du monde et l'équilibre psychologique de chacun des époux.

Beaucoup pensent que se marier jeune est une pratique hassidique et que les érudits de la Torah devraient imiter Ben Azaï et retarder le mariage mais tous les Maîtres ne sont pas d'accord. Le Steipler, de mémoire bénie et sainte, déplorait le phénomène des nombreux étudiants de Yechiva qui étaient âgés et toujours célibataires, il encourageait donc les gens à se marier jeunes. Pourquoi ? Le mariage nous enseigne le développement du caractère, le compromis, la compréhension, la considération et l'amélioration de soi. On ne développe pas un bon caractère en restant célibataire… En effet, une personne célibataire n'est pas une personne entière car il lui manque une âme sœur, dont elle peut tirer énormément de force et de gratification. Par conséquent, une personne devrait se marier dès qu'elle est suffisamment mature. Les affirmations selon lesquelles, il faut d'abord terminer des études supérieures, apprendre plus de Torah ou économiser les fonds nécessaires sont erronées. Une personne mariée est beaucoup plus sédentaire et sérieuse en ce qui concerne la Torah et l'apprentissage professionnel… Les grands d'Israël se sont presque tous mariés à un jeune âge. Non seulement le mariage n'entravait pas leur croissance personnelle et spirituelle, mais celui-ci les aidait à devenir grands. Rabbi Na’hman de Breslev, lui-même s'est marié à l'âge de 13 ans… C'est vrai, c'était une génération différente mais chaque jour de sainteté est inestimable. Un couple vivant dans la sainteté est le récipient idéal pour l'abondance, alors que les célibataires ne le sont pas. Le mariage donne à la personne stabilité et motivation. Une personne mariée a une raison de s'appliquer, elle est beaucoup plus sérieuse et mature et moins confuse et influencée. (Rav Shalom Arush)

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


9.     Mais s’ils ne peuvent se maîtriser, qu’ils se marient. Oui, il vaut mieux se marier que de brûler.

 

  • Mais s’ils ne peuvent se maîtriser : s’ils sont trop tentés par leurs penchants impudiques…

 

 

  • qu’ils se marient : dans tous les cas, le mariage est une mitsva obligatoire.

 

 

  • Oui, il vaut mieux se marier que de brûler : le but n’est pas de rechercher une sanctification trop complexe pour nous ; bien au contraire, il faut plutôt nous alléger et profiter du cadre du mariage.

COMMENTAIRE N°1

Quiconque a un désir ardent et permanent de la Torah et la médite comme Ben Azaï, au point d’’y être attaché toute sa vie et de ne pas se marier, ne commet pas de faute, à condition que son désir ne le domine pas. Mais si le désir le domine et devra se marier même s’il a déjà des enfants, afin qu’il n’en vienne pas à de mauvaises pensées. (Michné Torah du Rambam, Lois sur le mariage, chap. 15 :3)

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

10.     Pour les mariés, j’ordonne, non pas moi-même, mais l’Adôn, que la femme ne se sépare pas de son mari.

 

  • Pour les mariés : pour ceux qui ont un conjoint.

 

 

  • j’ordonne, non pas moi-même, mais l’Adôn : une ordonnance apostolique inspirée par l’enseignement du Mashiah Yeshoua.

 

 

  • que la femme ne se sépare pas de son mari : en effet, cette ordonnance de l’Admor Yeshoua est rapportée dans les Évangiles.

 

Les proushim l'abordèrent et, pour l'éprouver, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme. Il leur répondit : Que vous a prescrit Moshé ? Moshé, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Yeshoua leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moshé vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la Création, D.ieu fit l'homme et la femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint. Lorsqu'ils furent dans la maison, les talmidim l'interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. (Marcos 10 :2-12)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


11.     Si elle se sépare de lui, qu’elle reste sans se marier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari. Que l’homme ne répudie pas sa femme.

 

  • Si elle se sépare de lui : un cas de divorce, ‘hass véchalom.

 

 

  • qu’elle reste sans se marier : selon les Écrits Nazaréens, une femme n’a pas le droit de se remarier après un divorce [sauf pour cas d’adultère, de violence, etc…].

 

 

  • ou qu’elle se réconcilie avec son mari : le but étant bien évidemment, de ne pas divorcer au départ… En effet, nous ne devons pas séparer ce qu’Hashem a joint. Le Mashiah Yeshoua était très ferme sur le mariage !

 

Que l'homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint. (Marcos 10 :9)

 

 

  • Que l’homme ne répudie pas sa femme : comme nous l’avons vu au verset précédent, cette ordonnance de l’Admor Yeshoua est rapportée dans les Évangiles.

 

Les proushim l'abordèrent et dirent, pour l’éprouver : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque ? Il répondit : N'avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l'homme et la femme et qu'il dit : C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, s'attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair ? Ainsi ils ne sont plus deux mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint.  (Matityahou 19 :3-6)

Les proushim l'abordèrent et, pour l'éprouver, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme. Il leur répondit : Que vous a prescrit Moshé ? Moshé, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Yeshoua leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moshé vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la Création, D.ieu fit l'homme et la femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint. Lorsqu'ils furent dans la maison, les talmidim l'interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. (Marcos 10 :2-12)

 

COMMENTAIRE N°1

Il ré­sulte de ses pa­roles les deux prin­cipes sui­vants :

  • Point de di­vorce entre Nazaréens, sauf pour les cas mentionnés par le Mashiah.

  • Si une sé­pa­ra­tion est déjà ac­com­plie, il ne reste plus qu’aux époux cette al­ter­na­tive : ne pas se re­ma­rier ou se ré­con­ci­lier lorsque cela est encore pos­sible… C’est le Rabbi lui-même qui in­ter­dit un se­cond ma­riage à ceux qui se sont sé­pa­rés. L’échec dans le mariage n’est pas toléré par le Mashiah [la notion du couple est bien trop importante].

Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. (Matityahou 5 :32)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


12.     Pour le reste, je dis moi-même, non pas l’Adôn : si un frère a une femme non adhérente, mais qui veut demeurer avec lui, qu’il ne la répudie pas.

 

  • Pour le reste, je dis moi-même, non pas l’Adôn : une ordonnance personnelle de Rabbi Shaoul de Tarse inspirée par le Rouah Hakodesh.

 

 

  • si un frère a une femme non adhérente : non convertie, celle-ci n’ayant pas encore adhéré au Mashiah Yeshoua.

 

 

  • mais qui veut demeurer avec lui : dans l’idée de conserver les liens du mariage.

 

 

  • qu’il ne la répudie pas : dans ce cas, il est interdit de divorcer.

 

COMMENTAIRE N°1

Certains, ma­riés avant d’embrasser la émouna Nazaréenne, se trou­vaient dans la dif­fi­cile po­si­tion d’un ma­riage mixte, par la conver­sion d’un des époux, tan­dis que l’autre était en­core païen... Malgré ceci, il n’y a pas de divorce possible surtout lorsque le conjoint, encore païen, respecte notre foi et nous laisse vivre notre Torah.

 
 
 
 
 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

13.     Une femme dont le mari est non adhérent, mais qui veut demeurer avec elle, qu’elle ne répudie pas le mari.

 

  • Une femme dont le mari est non adhérent : ce cas est cité dans le verset précédent pour l’époux. L’Apôtre Shaoul énonce le même principe pour la femme.

 

  • mais qui veut demeurer avec elle : dans l’idée de conserver les liens du mariage.

 

  • qu’elle ne répudie pas le mari : dans ce cas, il est interdit de divorcer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


14.     Oui, l’homme non adhérent est consacré par la femme, et la femme non adhérente est consacrée par le frère, sinon vos fils seraient impurs ; mais maintenant, ils sont consacrés.

 

  • Oui, l’homme non adhérent est consacré par la femme : échappé du paganisme, immergé au nom du Mashiah Yeshoua, la puis­sance de la vie Nazaréenne et du Rouah Hakodesh dans un des deux époux, sanctifiait l’autre et lui permettait par cette nouvelle vie, de le rapprocher de la Torah et de la kédoucha.

 

  • et la femme non adhérente est consacrée par le frère : le cas est une nouvelle fois, similaire pour le femme.

 

 

  • sinon vos fils seraient impurs : dans l’impureté totale du paganisme.

 

 

  • mais maintenant, ils sont consacrés : les en­fants is­sus de cette union, pla­cés dès leur ber­ceau, sous l’in­fluence de l’Admor Yeshoua par l’un des deux époux, consa­cré au Sei­gneur et né de nouveau dans les bé­né­dic­tions de la Brit Hadasha, étaient sanctifiés et mis à part pour Hashem, qui est un D.ieu fidèle.

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


15.     Si le non-adhérent se sépare, qu’il se sépare ! Le frère ou la sœur ne sont pas asservis en cela. Elohîms vous appelle à la paix.

 

  • Si le non-adhérent se sépare, qu’il se sépare : si le non-converti ne supporte pas la Torah et la nouvelle vie Nazaréenne en Yeshoua, il vaut mieux alors s’en séparer… Malgré tout, il faudra tout essayer pour éviter le divorce [une véritable abomination].

 

  • Le frère ou la sœur ne sont pas asservis en cela : as­ser­vis à re­nouer les liens bri­sés ou bien à im­po­ser une u­nion, contre la volonté du non-converti, qui souhaite se sé­parer… 

 

  • Elohîms vous appelle à la paix : un shalom personnel dans la émouna Nazaréenne, le meilleur étant, bien évidemment, de ne pas divorcer mais de vivre ce shalom avec son conjoint et sa famille.

Par exemple, l’Apôtre Shaoul présentera aussi dans la Lettre un mo­tif pour l’é­poux Nazaréen de res­ter encore uni à une épouse encore païenne : l’es­pé­rance de la conver­tir au Judaïsme.

Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? (1 Corinthiens 7 :16)

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

16.     Toi, femme, sais-tu si tu sauveras le mari ? Toi, mari, sais-tu si tu sauveras la femme ?

 

 

  • Toi, femme, sais-tu si tu sauveras le mari : peut-être se rapprochera-t-il de la Torah et du Judaïsme avec le temps et par la nouvelle attitude du Nazaréen ?

 

 

  • Toi, mari, sais-tu si tu sauveras la femme : peut-être se rapprochera-t-elle de la Torah et du Judaïsme avec le temps et par la nouvelle attitude du Nazaréen ?

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


17.     Comme l’Adôn l’a imparti à chacun, comme Elohîms appelle chacun, que chacun marche ainsi : c’est ce que j’ordonne à toutes les communautés.

 

  • Comme l’Adôn l’a imparti à chacun : Hashem contrôle toutes choses et là où nous nous trouvons, il nous faut comprendre qu’Hashem désire clairement nous voir à cet endroit et même si c’est un endroit très bas, tout est organisé pour notre tikoun personnel.

 

 

  • comme Elohîms appelle chacun : dans l’idée de remplir une mission ici-bas selon la Torah avec toutes les instruments qu’Hashem nous a donnés à nous personnellement.

 

 

  • que chacun marche ainsi : l’Apôtre Shaoul va faire référence aux ordonnances apostoliques relatés dans ce chap. 7 de la Lettre aux Corinthiens.

 

 

  • c’est ce que j’ordonne à toutes les communautés : l’Apôtre Shaoul avait donc le même discours dans toutes les communautés Nazaréennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


18.     Ayant été circoncis, s’il est appelé, qu’il ne se fasse pas épispasmer. S’il est appelé avec un prépuce, qu’il ne se fasse pas circoncire.

 

  • Ayant été circoncis, s’il est appelé : on parle d’un Juif circoncis.

 

 

  • qu’il ne se fasse pas épispasmer : remettre le prépuce.

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour comprendre ce verset, il nous faut bien une nouvelle fois, recadrer le contexte…

 

Tout au long de l'histoire, les demandes de restauration du prépuce après la circoncision étaient le plus souvent liées à la persécution politique ou religieuse du peuple Juif. La première preuve d'une telle procédure est mentionnée dans le Livre des Maccabim : sous le règne d'Antiochus IV vers l’an – 168.

 

En ces jours-là, il sortit d'Israël des enfants d'iniquité, qui en séduisirent plusieurs, en disant : Allons et faisons alliance avec les nations qui nous environnent car depuis que nous nous sommes retirés d'elles, beaucoup de maux nous ont atteints. Et cette parole parut bonne à leurs yeux. Quelques-uns du peuple furent députés et allèrent trouver le roi ; il leur donna le pouvoir de vivre selon les lois des non-Juifs. Et ils bâtirent un gymnase à Jérusalem, à la manière des nations ; ils dissimulèrent leur circoncision, se séparèrent de l'alliance sainte, il se joignirent aux nations et ils se vendirent pour faire le mal. (1 Maccabim 1 :11-15)

 

En effet, autrefois, des idéaux hellénistiques, tels que la nudité publique lors de jeux sportifs ou dans les bains publics, ont émergé en Judée et ont forcé les Juifs à étirer leur prépuce raccourci avec un poids spécial, pour couvrir leur gland.

 

Des efforts similaires sont également signalés plus tardivement, selon certaines sources, à l'époque d'Hadrien vers l’an 132 de notre ère.

 

Comme nous l’avons dit, la demande de restauration chirurgicale ou non chirurgicale du prépuce après la circoncision, était généralement associée à la persécution du peuple Juif.

 

Le premier signe de preuve d'incirconcision parmi les Juifs pourra être retrouvée dans un passage du Livre des Maccabim, comme cela a été rapporté plus haut. Ce passage a été écrit à l'époque du règne d'Antiochus IV, lorsque l'hellénisation et, par conséquent, l'oppression de la religion et de la culture Juive avaient atteint un premier point culminant. Les idéaux hellénistiques gagnèrent en popularité ; par exemple, il était courant d'exposer son corps nu lors de jeux sportifs ou dans les bains publics, les Juifs ont donc été contraints de cacher leurs organes génitaux ou de restaurer leurs prépuces, afin de ne pas être persécutés et d'améliorer leur situation sociale et économique. Cette situation a même abouti à une loi d'Antiochius stipulant que l'acte de circoncision pouvait être puni de la peine de mort.

 

Les femmes qui avaient circoncis leurs fils étaient égorgées, selon l'ordre du roi Antiochus ; on pendait les enfants par le cou dans toutes leurs maisons et on égorgeait ceux qui les avaient circoncis. (1 Maccabim 1 :60-61)

La révolte Juive réussie contre Antiochus IV vers l’an - 141 de l’ère commune a conduit à l'instauration du règne hasmonéen [ou maccabéen] en Judée, rendant l'incirconcision inutile pour la période suivante… Néanmoins, en dehors d’Israël, l’influence d’Antiochus persista dans l’empire greco-romain et laissa certaines traces de "racisme" débouchant sur des persécutions contre les Juifs. En l’occurrence, rappelons-le, Corinthe était une ville grecque avec une pensée bien grecque, etc… et donc bien influencée par la mentalité d’Antiochus IV. La plupart était donc contre tous Nazaréens d’origine non-Juive qui pouvaient s’intéresser au Judaïsme au détriment de toutes philosophies grecques ou divinités païennes. De plus, les Romains avaient repris le pouvoir suprême en Judée et ainsi, un nouveau désir de cacher l'état de la circoncision était naissant dans le peuple Juif. Or, bien évidemment, les premiers Nazaréens ont été confrontés à ce problème, d’où l’injonction de Shaoul, mal interprétée par les chrétiens. En effet, Rabbi Shaoul de Tarse n’abolit en rien la mitsva de la circoncision mais parle plutôt en fonction du contexte de persécution physique et morale, extrêmement compliqué des Corinthiens…

Quelqu'un a-t-il été appelé étant circoncis, qu'il demeure circoncis ; quelqu'un a-t-il été appelé étant incirconcis, qu'il ne se fasse pas circoncire. (1 Corinthiens 7 :18)

De toute évidence, à l’époque, de nombreux Juifs avait subi une incirconcision pour être pleinement acceptés dans le milieu social. L’Apôtre Shaoul a donc condamné cette pratique en disant : Est-ce qu'un appelé est circoncis ? Qu'il ne fasse pas remettre le prépuce !

En effet, même la tolérance romaine envers la circoncision avait pris fin avec l'empereur Hadrien, qui a été proclamé empereur en l’an 117 de l’ère commune et qui avait aussi, exhorté une loi interdisant la circoncision. 

Hadrien a promulgué un décret interdisant la circoncision. (Midrash Tan’houma, Mishpatim 5: 1)

Pendant son règne beaucoup de circoncis se sont donc tournés vers l'incirconcision pour des raisons évidentes. Dans la terminologie grecque, une personne qui avait subi la procédure d'étirement du prépuce était appelée "epispastikós" : c’est le mot employé par Shaoul…

En comparaison, nous pourrons nous inspirer de la persécution des Juifs sous le régime nazi, qui a fait de la circoncision un danger de mort. En effet, chaque homme circoncis à ce moment-là risquait d'être dénoncé et, par conséquent, devait cacher son état génital. Aucune description d'une technique chirurgicale n’est retrouvée dans la littérature médicale officielle de cette époque mais il existe plusieurs rapports personnels de patients subissant et de médecins pratiquant l'incirconcision pendant cette période.  En effet, selon certaines sources, on a d’ailleurs souligné que plusieurs "médecins aryens" gagnaient bien leur vie en demandant de grosses sommes d'argent pour le traitement de "remettre un prépuce" ... 

D’un point de vue encore plus moderne, au cours des 30 dernières années, un nouveau mouvement de restauration du prépuce est apparu principalement aux États-Unis, sans origine sociale, religieuse ou politique. De plus en plus d'hommes circoncis adultes sont perturbés par le fait que la forme de leur corps a été modifiée après la naissance… Aujourd’hui, le prépuce n'est pas seulement considéré comme une partie de la peau humaine mais aussi comme un organe sensoriel du corps, la circoncision se traduit alors par une diminution de la lubrification et de la sensibilité du gland et c'est pourquoi de nombreux hommes circoncis estiment que leurs plaisirs sexuels sont réduits. D'autres sont plus perturbés par l'apparence extérieure de leur pénis circoncis et veulent retrouver le statut naturel d'un gland couvert pour la complétude physique et émotionnelle et l'imagerie esthétique du corps. Une autre minorité est plutôt irritée par l'imagination selon laquelle, elle a été mutilée dans son enfance sans avoir la possibilité de choisir librement son état génital… Bref, l’idée de se remettre un prépuce n’est pas récent mais a bien traversée les siècles !

En l’occurrence, d’un point de vue Nazaréen, il est donc important de souligner que l’Apôtre Shaoul n’abolit pas la Torah mais conseille aux Juifs Corinthiens de ne pas renier leur Judaïsme et aux Nazaréens d’origine non-Juive, de ne pas se circoncire afin d’éviter toutes formes de persécutions car ceux-ci pouvaient être mal vue d’embrasser le Judaïsme et de renier les idoles gréco-romaines. Ainsi, il leur conseille d’observer les mitsvot du mieux que possible… Or, la mitsva de la circoncision fait pourtant bien partie des 613 mitsvot ? Comment comprendre l’Apôtre Shaoul ? Pour l’instant, Rabbi Shaoul de Tarse leur conseille, effectivement de ne pas se faire circoncire mais d’appliquer leurs cœurs aux lois divines et concernant la circoncision, chacun fera ce qu’il pensera être le mieux pour lui [l’idéal étant bien évidemment, d’être circoncis selon la Torah mais le contexte n’étant pas propice à cela…].

  • S’il est appelé avec un prépuce : non circoncis.

 

  • qu’il ne se fasse pas circoncire : en raison des persécutions.

 

COMMENTAIRE N°2

 

Selon la pensée de l’Apôtre Shaoul, la priorité étant de toute façon, d’être d’abord inclus dans le Tsadik et de soumettre du mieux qu’on puisse à la Torah. En effet, dans ce cas précis, l’Apôtre Shaoul engage les Nazaréens à demeurer sages et calmes dans toutes leurs décisions ; on voit bien que Shaoul parle du divorce, du célibat, du mariage, de la circoncision, etc… et lorsqu’on prend des décisions dans ces différentes domaines, cela peut impacter toute notre vie. De plus, les persécutions étaient assez fortes à Corinthe… Ainsi, effectivement, un Nazaréen devait alors demeurer dans l’état dans lequel, il a été appelé par Hashem puis plus tard, évoluer [processus de sanctification] …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


19.     La circoncision n’est rien, et rien le prépuce ; le tout est de garder les misvot d’Elohîms.

 

  • La circoncision n’est rien : selon le contexte, la mitsva de la circoncision n’a pas la même valeur d’autorité…

 

 

  • et rien le prépuce : selon le contexte, demeurer incirconcis n’est pas important.

 

 

  • le tout est de garder les misvot d’Elohîms : mais la circoncision est une mitsva d'Hashem ! Voici alors comment il faut le comprendre : ne te précipite pas mais marche plutôt de manière progressive dans la Torah ; les non-Juifs qui intégraient le peuple d'Israël par Yeshoua devaient d'abord obéir aux quatre règles fondamentales, puis se rapprocher d'une synagogue et apprendre la Torah de Moshé [dont la mitsva de la circoncision] au fur et à mesure. De plus, en raison du contexte, il ne fallait pas vraiment s’affoler dans l’accomplissement des mitsvot mais bien pratiquer ce que l’on pouvait…

 

A l'égard des non-Juifs qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu'ils eussent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité. (Actes 21 :25)

 

Alors il parut bon aux Apôtres et aux Anciens et à toute la Kéhila, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Shaoul et Bar-Naba, Yéhouda appelé Bar-Shabba et Sila, hommes considérés entre les frères. Ils les chargèrent d'une lettre ainsi conçue : Les Apôtres, les Anciens et les frères, aux frères d'entre les non-Juifs, qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, shalom ! Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Bar-Naba et Shaoul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Yeshoua. Nous avons donc envoyé Yéhouda et Sila, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. Car il a paru bon au Rouah Hakodesh et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15 :22-29)

 

COMMENTAIRE N°1

L’Apôtre Shaoul n’abolit pas la Torah mais conseille aux Juifs Corinthiens de ne pas renier leur Judaïsme et aux Nazaréens d’origine non-Juive, de ne pas se circoncire afin d’éviter toutes formes de persécutions car ceux-ci pouvaient être mal vue d’embrasser le Judaïsme et de renier les idoles grecs. Ainsi, il leur conseille d’observer les mitsvot du mieux que possible… Or, la mitsva de la circoncision fait pourtant bien partie des 613 mitsvot ? Comment comprendre l’Apôtre Shaoul ? Pour l’instant, Rabbi Shaoul de Tarse leur conseille, effectivement de ne pas se faire circoncire mais d’appliquer leurs cœurs aux lois divines et concernant la circoncision, chacun fera ce qu’il pensera être le mieux pour lui [l’idéal étant bien évidemment, d’être circoncis selon la Torah mais le contexte n’était pas propice à cela…].

COMMENTAIRE N°2

 

Selon ce verset, Shaoul est accusé d’avoir aboli la Torah… Or, comme nous l’avons vu, ce passage traite d’un contexte difficile ou l’Apôtre Shaoul a dû prendre certaines décisions compliquées pour le bien-être de la communauté.

 

Certains pourraient objecter en comparant tous ces passages avec la Lettre aux Galates mais encore une fois, cela ne tient pas...

 

Voici, moi Shaoul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, le Mashiah ne vous servira de rien. (Galates 5 :2)

 

Car, dans le Mashiah, ni la circoncision ni l'incirconcision n'a de valeur mais la foi qui est agissante par la charité. (Galates 5 :6)

 

Car ce n'est rien que d'être circoncis ou incirconcis ; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature. (Galates 6 :15)

Pour commencer, il faut savoir que les Écrits Nazaréens nous mettent en garde concernant les Écrits de l’Apôtre Shaoul comme étant extrêmement difficiles à comprendre… 

Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les Lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. (2 Kéfa 3 :15-17)

Comme le déclare l’un des autres chefs de la Kéhila Nazaréenne, Shimon Kéfa, tous les "lecteurs de Shaoul" devraient bien connaître la Torah et être affermies pour ne pas tordre ou mal interpréter le sens de ses Écrits. Par conséquent, à chaque fois que l’Apôtre Shaoul enseigne sur la Torah, nous devons faire preuve d’une extrême prudence pour nous assurer de bien comprendre ce qu’il souhaite nous faire comprendre et éviter ainsi, d’être décrit comme des personnes "ignorantes et mal affermies" ... Dans un premier temps, connaître le contexte des versets est donc primordial car le contexte nous transmet toutes les clés nécessaires afin de bien interpréter correctement les propos de Shaoul.

Si nous considérons, comme le font les chrétiens, les Écrits de Shaoul en supposant qu’ils se réfèrent toujours à l’ancienne "loi des Juifs abolie" de D.ieu, alors la théologie que nous allons construire sera complétement erronée à l’image de celle du christianisme… En effet, comme on le sait, certains versets de Shaoul cités hors contexte sont souvent utilisés par les chrétiens pour légitimer une doctrine évangélique erronée, comme celle qui affirme que les talmidim de Yeshoua n’ont plus à obéir à la Torah.

 

Comme le dit Shimon Kéfa, il était déjà difficile, il y a plus de 2000 ans, de suivre les enseignements ‘hassidiques de l’Apôtre Shaoul, à combien de plus forte raison aujourd’hui.

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. (…) Alors quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. (Actes 15 :1-5)

 

Selon le contexte approprié, la Lettre aux Galates est dirigée contre le "parti de la circoncision" [les proushim de l’école de Beit Shammaï] comme cela est décrit dans le Livre des Actes.

 

Pourquoi sont-ils appelés le "parti de la circoncision" ?

 

Les membres de Beit Shammaï considéraient que seul un Juif [ou un converti] circoncis pouvait hériter du Olam Haba, les non-Juifs [ou les non-circoncis] n’avaient donc pas, selon leur interprétation de la Torah, la vie éternelle… Ces proushim faisaient dépendre le salut divin de la mitsva de la circoncision [les œuvres de la loi] au détriment l’œuvre expiatrice du Mashiah [la grâce].

 

Vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. (Romains 6 :14)

Rabbi Eliézer a dit : Il est écrit : Les méchants seront renvoyés vers le monde des ténèbres, toutes les nations qui oublient D.ieu. (Téhilim 9 :18). Les méchants seront renvoyés vers le monde inférieur, ce sont les pécheurs du peuple Juif car seuls les pécheurs sont condamnés au monde inférieur. Tous les non-Juifs qui oublient D.ieu : ce sont les pécheurs des nations, du fait qu'il est écrit : toutes les nations, il est évident qu'aucun des non-Juifs n'a de part dans le Olam Haba. C'est la déclaration de Rabbi Eliézer. Rabbi Yéhochoua lui a dit : Il est dit seulement : tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Au contraire, les méchants seront renvoyés au monde des ténèbres et qui sont-ils ? Ce sont tous les non-Juifs qui oublient D.ieu. Les non-Juifs qui craignent D.ieu ont une part dans le Olam Haba. (Sanhédrin 105a)

 

Selon la Guémara : pour Rabbi Eliézer, de l'école Beit Shammaï, un goy non circoncis n'avait donc pas de part dans le Olam Haba. Néanmoins, pour Rabbi Yéhochoua, de l'école d'Hillel, seuls les plus méchants n'avaient pas de part au Olam Haba. 

 

Selon cette interprétation, on comprend aisément que certains proushim de Beit Shammaï n’acceptaient pas certaines décisions de la Kéhila, influencée par Beit Hillel…

 

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moshé, vous ne pouvez être sauvés. Shaoul et Bar-Naba eurent avec eux un débat et une vive discussion ; les frères décidèrent que Shaoul et Bar-Naba et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les Apôtres et les Anciens, pour traiter cette question. Après avoir été accompagnés par la communauté, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des non-Juifs et ils causèrent une grande joie à tous les frères. Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par la Kéhila, les Apôtres et les Anciens ; ils racontèrent tout ce que D.ieu avait fait avec eux. Alors quelques-uns du parti des proushim, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les non-Juifs et exiger l'observation de la Torah de Moshé. Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Une grande discussion s'étant engagée, Kéfa se leva, et leur dit : Hommes frères, vous savez que dès longtemps D.ieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les non-Juifs entendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et D.ieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Rouah Hakodesh comme à nous ; il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous D.ieu, en mettant sur le cou des talmidim un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Yeshoua que nous croyons être sauvés, de la même manière qu'eux. Toute l'assemblée garda le silence et l'on écouta Bar-Naba et Shaoul, qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que D.ieu avait faits par eux au milieu des non-Juifs. Lorsqu'ils eurent cessé de parler, Yaakov prit la parole et dit : Hommes frères, écoutez-moi ! Shimon a raconté comment D.ieu a d'abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d'elles un peuple qui portât son nom. Et avec cela s'accordent les paroles des Neviim, selon qu'il est écrit : Après cela, je reviendrai et je relèverai de sa chute la tente de David, j'en réparerai les ruines et je la redresserai, afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, dit le Seigneur, qui fait ces choses et à qui elles sont connues de toute éternité. C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :1-21)

 

Par conséquent, en s’élevant contre cette décision de Yaakov, le chef de la Kéhila Nazaréenne, ces proushim du parti de la circoncision ont perverti l’Évangile et ont susciter divisions et conflits… Comme dit précédemment, la Lettre aux Galates traite donc du moyen de justification devant D.ieu, en l’occurrence, du moyen d'entrée dans le Olam Haba.  La circoncision, dont il sera question dans la Lettre aux Galates ne sera donc pas la mitsva elle-même mais plutôt ce qu'elle représente dans l’optique du salut [de la vie éternelle] ! Clairement, Shaoul souhaite faire comprendre aux Galates que la circoncision n’a pas à être pas notre code d’entrée pour le Olam Haba, seul le sacrifice expiatoire du Mashiah est capable de nous en faire hériter…  

 

On trouvera ici alors deux "grande familles" de justification :

  • la justification par les œuvres [comme l’œuvre de la circoncision, selon Beit Shammaï]

  • la justification par la émouna [par le mérite du Tsadik Yeshoua]

 

Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la Torah que l'homme est justifié, mais par la foi en Yeshoua, nous aussi nous avons cru dans le Mashiah Yeshoua, afin d'être justifiés par la foi dans le Mashiah et non par les œuvres de la Torah, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la Torah. (Galates 2 :16)

 

Les véritables Nazaréens immergeaient d’abord, puis enseignaient l'étude et la pratique de la Torah au fur et à mesure.

 

C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difficultés à ceux des non-Juifs qui se convertissent à D.ieu mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. Car, depuis bien des générations, Moshé a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de Shabbat dans les synagogues. (Actes 15 :19-21)

 

Voici le schéma instaurée pour les non-Juifs :

  • Être immergé au nom de Yeshoua.

  • Garder une base de la Torah : l’interdiction de sang, l'immoralité et l’idolâtrie.

  • Respecter la mitsva du Shabbat car comme cela est relaté, les Nazaréens d’origine non-Juive devaient apprendre "le reste" des mitsvot de la Torah tous les Shabbatot dans les synagogues… La circoncision pour le converti devait donc se réaliser dans la suite logique de son parcours [et non comme un impératif pour accéder au Olam Haba].

 

La circoncision et l'immersion doivent être effectuées spécifiquement pour la conversion et sont des éléments indispensables du processus de conversion. (Yévamot 46b)

Les Nazaréens se sont alors inspirés de la halakha tranchée par Beit Hillel.

Pendant leur séjour en Égypte, les enfants d'Israël avaient le statut halakhique de non-Juifs. Lors de la révélation au Sinaï, ils ont conclu une alliance nationale avec D.ieu dans laquelle ils ont atteint leur statut de peuple Juif. Cette transformation était essentiellement la conversion de masse du peuple et donc leur préparation à la révélation fournit un paradigme du processus requis pour la conversion pour toutes les générations. Les Tannaïm sont en désaccord quant aux aspects de cette conversion originale qui doivent être dérivés pour toutes les générations. Les Sages ont enseigné dans une béraïta : En ce qui concerne un converti qui a été circoncis mais qui ne s'est pas immergé, Rabbi Eliezer dit que c'est un converti, ainsi nous avons constaté avec nos ancêtres après l'Égypte qu'ils étaient circoncis mais n'étaient pas immergés. En ce qui concerne celui qui a immergé mais n'a pas été circoncis, Rabbi Yéhochoua dit que c'est un converti, comme nous avons donc constaté avec nos aïeuls qu'ils immergeaient mais n'étaient pas circoncis. (Yévamot 46a)

La Guémara concède : Au contraire, la béraïta doit être réinterprétée comme suit : En ce qui concerne celui qui a immergé mais n'a pas été circoncis, tout le monde, c'est -à- dire, Rabbi Yéhochoua et le Rabbi Eliézer, convient que la halakha est dérivée des ancêtres que l'immersion seule est efficace. (Yévamot 46b)

Un esclave gentil acheté par un Juif doit être circoncis puis immergé dans un bain rituel. En étant immergé au nom de l'esclavage, il prend le statut d'esclave à part entière, ce qui, entre autres, l'oblige à garder certaines mitsvot. Cependant, si l'esclave, ou tout non-Juif, est immergé pour la conversion, il devient alors un Juif à part entière et pleinement obligé dans les mitsvot comme tout autre Juif. (Yévamot 45b)

Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. (Matityahou 18 :18)

Hashem a conditionné l'ensemble de la Création, de telle sorte qu'elle est tout entière soumise à la Torah et à ses Sages. (Rav Yits’hak Zylberstein)

Selon cet avis, l'univers tout entier évolue à la lumière des exigences de la halakha décrétées par les Maîtres d’Israël.

En effet, lorsqu’un Rabbi comme le fut Yaakov pour la Kéhila Nazaréenne, lie une halakha, Hashem met un "tampon de vérité" dessus et ainsi, les êtres inférieurs et supérieurs, les démons et les anges, les Juifs ou non-Juifs, sont tous soumis à cette loi spirituelle. La nature elle-même se met à évoluer en fonction de cette halakha ! En l’occurrence, nous sommes tous soumis aux décisions du Concile de Jérusalem : celles de Yaakov HaTsadik de Beit Yeshoua, inspiré de Beit Hillel. 

La base de la Torah, pour un Nazaréen, sera donc d’abord d’être lié avec Yeshoua [par l’immersion] comme cela est enseigné dans le milieu de la ‘Hassidout.

Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout. (Torah n°143 du Likouté Moharan I)

Comme nous l’avons compris, les proushim de Beit Shammaï enseignaient aux Galates qu’ils n’étaient pas vraiment convertis car ils n’étaient tout simplement pas circoncis [en complément de la peur d’un potentiel Guey-Hinnom]. Ces proushim faisaient alors retomber les Galates "sous la malédiction de la loi"… Ils cherchaient leur justice au travers de leurs propres mérites [œuvres] et non dans la justice du M