CHAPITRE 4

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COMMENTAIRES 

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5.     Aussi, ne jugez rien avant son temps, avant que l’Adôn ne vienne. Il illuminera ce qui est caché dans les ténèbres, il manifestera les desseins des cœurs. Alors, pour chaque homme, la louange viendra d’Elohîms.

 

  • Aussi, ne jugez rien avant son temps : selon la halakha Juive, il est bon pour chaque personne de juger ses semblables favorablement, et seulement de comprendre leurs actes et leurs paroles favorablement. Pour mieux comprendre ce principe, il sera bon d’étudier la Torah n°282 du Likouté Moharan de Rabbi Na’hman de Breslev.

 

 

  • avant que l’Adôn ne vienne : cela fait référence au moment de la parousie ; la parousie étant dans un langage Nazaréen, l’inauguration des temps messianiques et la seconde venue du Mashiah.

 

COMMENTAIRE N°1

 

En effet, la parousie est le terme employé pour parler du retour glorieux du Mashiah Yeshoua nécessaire afin d'établir définitivement le Royaume de D.ieu sur le monde.

 

Néanmoins, il est important de préciser que ce retour n'est ni un événement complètement à venir, ni complètement advenu : le Mashiah en tant que Tsadik, règne déjà sur le monde non seulement parce qu’Hashem lui a légué toute autorité mais également par la Kéhila, communauté issue des premiers Apôtres, eux-mêmes envoyés par Yeshoua.

 

Cependant, toutes choses de ce monde ne lui sont pas encore soumises ; le triomphe du Royaume divin ne se fera pas sans un dernier assaut des puissances du mal, notamment des klipot édomites...

 

 

  • Il illuminera ce qui est caché dans les ténèbres : comme on le sait, le Mashiah viendra pour manifester la lumière d’Hashem pour qui rien n’est caché comme il est enseigné : tout être, à l’exception du Créateur, de la forme la plus élevée jusqu’au petit moustique sur la terre, est venu à l’existence par le pouvoir de sa réalité. Et puisqu’il se connaît lui-même et est conscient de sa grandeur, sa splendeur et sa réalité, il connaît tout et rien ne lui est caché. (Mishné Torah du Rambam, Yessodei HaTorah, chap. 2) ou encore : Nulle créature n'est cachée devant lui mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. (Hébreux 4 :13)

 

 

  • il manifestera les desseins des cœurs : au Jour du Jugement, le Mashiah au nom de l’autorité d’Hashem, viendra dans la gloire pour accomplir le triomphe définitif du bien sur le mal qui auront grandi ensemble au cours de l’histoire et ainsi, les cœurs de chacun seront dévoilés.

 

 

  • Alors, pour chaque homme, la louange viendra d’Elohîms : et en venant à la fin des temps, juger les vivants et les morts, le Mashiah glorieux rendra à chaque homme selon ses œuvres.

 

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6.     Cela, frères, je me suis adapté moi-même comme Apollôs à cause de vous, pour que, par nous, vous appreniez le : Rien au-dessus de ce qui est écrit, de peur que vous ne vous glorifiiez contre l’autre.

 

  • Cela, frères, je me suis adapté moi-même comme Apollôs : le but était de consolider la émouna des Nazaréens de Corinthe ; pour cela, l’Apôtre Shaoul et Apollos adaptaient leurs enseignements en fonction d’eux. Bien évidemment, les deux serviteurs d’Hashem mettaient leurs propres enseignements [et bien plus] en pratique afin de montrer le bon exemple…  

Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide car vous ne pouviez pas la supporter et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. (1 Corinthiens 3 :2)

 

 

  • à cause de vous : dans l’idée de leur donner la preuve d’un témoignage réel et vivant, digne d’un talmid de Yeshoua.

 

  • pour que, par nous, vous appreniez le : Rien au-dessus de ce qui est écrit : selon cette ordonnance apostolique, les Corinthiens ne devaient donc pas se rajouter des interdits supplémentaires mais avancer chacun en fonction de ce qu’il avait reçu d’Hashem ; le base étant le cadre toraïque.  

 

COMMENTAIRE N°1

 

Pour mieux comprendre cette expression, nous pourrons nous inspirer de plusieurs enseignements de la Torah Orale.

Nos Sages dans le Traité Yevamot 20a nous ont enseigné un processus de sanctification : sanctifiez-vous en vous abstenant de ce qui vous est permis par la Torah. (…) Chaque personne a sa propre Torah ; ainsi, on doit alors tenir compte des différences dans la nature de chaque personne. On se contentera donc d'une directive générale : Efforcez-vous de devenir saint ! Le sens de la directive du Talmud de se sanctifier en se refusant la jouissance des choses qui sont autorisées, est qu'une personne doit être suffisamment mûre pour savoir ce qui est permis en fonction de sa situation personnelle dans la vie et de ses tendances naturelles particulières. Lorsqu'une personne se sent d’avoir atteint un niveau spirituel particulier, elle considère que certaines choses lui sont interdites, bien qu'elles aient pu être auparavant parfaitement autorisées et qu'elles puissent toujours être parfaitement autorisées pour d'autres qui ne sont pas à son niveau spirituel. (Shenei Luchot HaBerit, Sefer Vayikra, Kedochim 26)

 

En l’occurrence, selon les propos de Shaoul aux Corinthiens, il ne souhaitait pas voir d’abus de sanctification chez les membres de la communauté alors qu’ils étaient immatures spirituellement [charnels] car ils auraient alors "explosés" d’une façon ou d’une autre…

 

Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants dans le Mashiah. (…) En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas selon l'homme ? Quand l'un dit : Moi, je suis de Shaoul ! Et un autre : Moi, d'Apollos ! N'êtes-vous pas des hommes ? (1 Corinthiens 3 :1-4)

 

 

COMMENTAIRE N°2

Nous pourrons aussi utiliser d’autres sources de la Torah Orale pour mieux comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul selon ce contexte.

Les personnes prenant part aux plaisirs de ce monde peuvent être divisées en trois catégories :

1. On participe aux plaisirs interdits.

La personne qui s'adonne à tous les plaisirs physiques et matériels, indépendamment des ordonnances de D.ieu, est tellement asservie à sa pulsion maléfique que Shlomo dit de lui :  Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le car il n'y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas. (Qohèleth 9 :10)

2. On participe aux plaisirs qui ne sont pas interdits.

Celui qui se livre à tout ce que la Torah n'interdit pas spécifiquement, quel que soit son besoin du plaisir, Shlomo dit de lui : Va manger ton pain dans la joie. (Qohèleth 9 :7).

 

3. On ne participe qu’aux plaisirs qui sont à la fois vitaux pour la survie ou qui favorisent la bonne santé du corps.

La troisième catégorie est le type de personne qui ne se livre pas aux plaisirs, à moins que ses besoins vitaux soient impliqués… Par exemple, le Talmud dans Yevamot 20a nous dit que si quelqu'un aspire à la sainteté, il doit s'abstenir des plaisirs permis. Or, la plupart de nos Sages n'ont pas été dépeints comme saints, bien qu’ils étaient tous des tsadikim et des pieux ; seule une poignée était qualifiée de saints. Le Rav Yéhouda HaNassi, qui n'a jamais touché la chair de la partie inférieure de son corps, est un exemple même de sainteté. (Shabbat 118a). En réalité, seuls ceux qui s’appliquent à eux-mêmes les critères énumérés selon la troisième catégorie, peuvent être considérés de la sorte. (Akéda Its’hak 65 : 1: 3)

Selon cet enseignement, l’Apôtre Shaoul souhaitait plutôt voir les Corinthiens classés, pour l’instant, dans la seconde catégorie…

Les progrès doivent être réalisés par étapes. Cela commence par s'abstenir du type de comportement le plus bestial puis cela continue avec l'acquisition d'une vertu, d’une autre, etc… (Akéda Its’hak 65: 1: 11)

 

COMMENTAIRE N°3

 

Nous pourrons également nous inspirer des enseignements de Rabbi Na’hman de Breslev pour mieux comprendre la pensée ‘hassidique de l’Apôtre Shaoul contenu dans ce passage.

Rabbi Na'hman enseigne : À propos de ceux qui exagèrent dans le service divin, il est écrit : les mitsvot doivent nous aider à vivre et non pas à mourir… (Vayikra 18 :5). Des gens pareils n'ont pas de vie, ils sont constamment déprimés parce qu'ils n'ont jamais l'impression d'avoir fait leur devoir en accomplissant les mitsvot. À cause de leur perfectionnisme et de leur rigueur, ils ne retirent aucune force, aucune vie de leurs actions. On n'a pas besoin d'être Rav ou même quelque peu érudit pour faire preuve de zèle à outrance… Un ignorant peut tout aussi bien affirmer : C'est interdit ! Au contraire, tout comme il est interdit de permettre ce qui est interdit, il est interdit d'interdire ce qui est permis. 

Si seulement nous avions le mérite d'observer l'ensemble des commandements de la Torah en toute simplicité, sans extrémisme ! (La Sagesse de Rabbi Na'hman, 235).

Par exemple, le Rav Dov de Tchérin, l'un des talmidim de Rabbénou, souhaitait respecter l'une des pratiques les plus difficiles du service divin : se réveiller pour 'hatsot et réciter les lamentations de minuit. Malheureusement, chaque fois qu'il le faisait, il souffrait de terribles maux de tête par manque de sommeil. En apprenant cela, Rabbénou lui dit : Mange et dors. Seulement, fais bien attention à l’heure ! Il lui conseilla par la suite de se lever, non pas à ‘hatsot mais à trois heures du matin (Kokhvé Or, p. 25).

Rabbi Dov montrait un enthousiasme particulier à accomplir la mitsvah de se lever pour 'hatsot ; or, le Rebbe l'avertit cependant qu'il ne pouvait le faire aux dépens de sa santé…

 

  • de peur que vous ne vous glorifiiez contre l’autre : l’Apôtre Shaoul dénonce l’immaturité des membres de la communauté Nazaréenne qui s’engouaient d’un docteur "favori" pour en dénigrer un autre… Ceci était lamentable pour des talmidim du Mashiah !

 

COMMENTAIRE N°4

L’Apôtre Shaoul souhaitait voir les Nazaréens de Corinthe dans le shalom les uns avec les autres avant qu’ils puissent entamer un quelconque processus de sanctification personnel au-delà de ce que la Torah l’exige. En effet, si nous cherchons une sanctification dans notre Torah personnel mais que nous n’avons pas assez d’amour pour notre prochain au point de nous disputer comme des enfants charnels, à quoi notre sanctification nous sert-elle ?

Si quelqu'un dit : J'aime D.ieu et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer D.ieu qu'il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime D.ieu aime aussi son frère. (1 Yohanan 4:20-21)

Ce qu’écrit à ce propos le Admor de Zanz-Kleusenbourg est si merveilleux que j’éprouve le besoin de le citer : Nous voyons des gens qui prennent sur eux d’étudier la Torah et de faire la volonté du Créateur, certains s’y emploient au début avec grand enthousiasme mais il s’avère, en fin de compte, qu’ils ne réussissent pas, ce qui est très surprenant. La Guémara ne dit-elle pas : Celui qui veut se purifier, on l’aide ? Or, ils sont de ceux qui disent : Je vais me lever tôt pour étudier (Nédarim 8a) alors pourquoi cet échec ? (…) À la réflexion, on s’aperçoit que tous ceux qui désirent étudier et faire la volonté du Créateur disent en réalité : moi je vais étudier, moi je vais me repentir, etc… Or, celui qui dit "moi je" est disqualifié dès le départ… En effet, qui es-tu donc et que vaut ta vie, toi qui te diriges vers un lieu de poussière et de vermine et qui proviens d’une matière fétide ? (Pirké Avoth 3 :1). Quand l’homme veut étudier ou se repentir, il ne doit pas agir seul mais s’intégrer à la communauté d’Israël pour demander à D.ieu d’avoir pitié de lui. Seul, on est totalement impuissant mais à l’intérieur de la communauté, on peut tout. C’est pourquoi nous disons dans la prière : "Fais-nous revenir, notre Père, à ta Torah et rapproche-nous, notre Roi, de ton service" plutôt que "fais-moi revenir, rapproche-moi" au singulier : c’est uniquement en tant que membre de la communauté qu’on a une chance de réussir. (…) D.ieu dit d’un homme orgueilleux : Lui et moi ne pouvons pas cohabiter. (Sotah 8a, Arakhin 15b) si bien qu’il lui sera totalement impossible de s’élever dans le service de D.ieu, ni de se rapprocher de lui le moins du monde. (…) Quiconque s’enorgueillit dans son cœur est en horreur à l’Éternel. (Mishlé 16 :5) étant donné qu’en réalité il n’est absolument rien comme il est écrit : Tu es poussière et tu retourneras à la poussière. (Béréshit 3 :19). On doit donc s’effacer totalement devant les autres, ainsi l’ordre de Moshé : Voici la chose qu’a ordonnée l’Éternel, accomplissez-la et la gloire du Seigneur vous apparaîtra, ne s’applique que si les enfants d’Israël ne forment qu’un seul bloc, chacun se préoccupant de son prochain. Alors seulement ils pourront vraiment se rapprocher de D.ieu, se rattacher à lui et se trouver ensemble à proximité de lui. (Rav David ‘Hanania Pinto)

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15.     Même si vous avez des myriades de pédagogues en messie, vous n’avez pas plusieurs pères : en Iéshoua’ le messie, par l’annonce, oui, moi, je vous ai engendrés.

 

  • Même si vous avez des myriades de pédagogues : plusieurs Maîtres en Torah.

 

  • en messie : en vertu d’un enseignement Nazaréen.

 

  • vous n’avez pas plusieurs pères en Iéshoua’ le messie : comme on le sait, les talmidim d’un Rabbi sont appelés "enfants" …

 

Lorsque ses enfants verront l’œuvre des mains que j’accomplis en son sein, ils rendront hommage à mon nom. (Yeshayahou 29 :23). En effet, les disciples sont appelés "enfants" ce qui permet de mesurer leur proximité avec le Maître. (Tanya et commentaires, Iguéret Hakodesh, chap. 27)

 

COMMENTAIRE N°1

 

Le Rambam décrit également les disciples d’un Sage comme étant également ses enfants.

L’obligation de perpétuer la Torah n’est pas limitée aux fils et petits-fils ; en fait, il incombe à chaque Sage du peuple Juif d’enseigner la Torah aux disciples, bien qu’ils ne soient pas ses enfants, comme il est dit : Tu les enseigneras à tes fils. Néanmoins, par la tradition orale, les Sages ont appris : tes fils, ce sont aussi tes disciples car les disciples sont également appelés fils. (Lois relatives à l’étude de la Torah, chap. 1) 

 

  • par l’annonce : de l’Évangile.

 

  • oui, moi, je vous ai engendrés : dans l’idée, d’un réel enfantement [processus d’une nouvelle naissance spirituelle].

 

Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Mashiah soit formé en vous. (Galates 4 :19)

 

Quiconque fait entrer une créature sous les ailes de la Shekhina, on lui tient compte comme s'il l'avait créée, façonnée et amenée au monde. (Tossefta Horayot 2 :7)

 

Reish Lakish a déclaré : En ce qui concerne quiconque enseigne la Torah au fils d'un autre, le verset lui attribue le mérite d'avoir formé cet étudiant, comme il est dit : Et Avram a pris Saraï, sa femme (…) et les âmes qu'ils ont formées à Haran. (Béréshit 12 : 5) (Sanhédrin 99b)