CHAPITRE 10

Pour l'instant, 17 versets sont actuellement disponibles pour ce chapitre.

a898170403d6c1e14f37a5cc4e582f1b.png

COMMENTAIRES 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

13.     Il ne vous est survenu aucune épreuve autre qu’humaine. Elohîms est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Oui, avec l’épreuve, il donne aussi l’issue, le pouvoir de supporter.

 

  • Il ne vous est survenu aucune épreuve autre qu’humaine : l’Apôtre Shaoul, dans un premier temps, souhaite relever le caractère humain des épreuves.

 

 

  • Elohîms est fidèle : selon le contexte, l’Apôtre Shaoul encourage les Corinthiens en mettant en avant la fidélité d’Hashem.

 

 

  • il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces : au contraire, toute épreuve est salvatrice pour chacun d’entre nous.

 

COMMENTAIRE N°1

Nous pourrons nous inspirer des enseignements du Rav Shalom Arush pour mieux comprendre ce passage.

 

Tout provient d’Hashem, il faut donc trouver des encouragements et éviter de tomber dans l'obscurité ou le désespoir. (…) Une personne n'a pas à s'inquiéter de l'origine de la solution à son problème ou à sa situation. Elle devrait plutôt remercier Hashem pour le problème lui-même, qui est sûrement pour son avantage ultime, qu'il lui soit arrivé pour la pousser au repentir ou pour la purifier du péché. On peut se renforcer en se souvenant de ce que Rabbi Na’hman nous a appris : qu'à tout moment, Hashem peut prendre la pire situation et la renverser complètement pour le bien.  Quoi qu'il en soit, il n'y a jamais de place pour le désespoir dans notre lexique ou dans nos vies. Le principe le plus important dans la vie que nous devons graver dans nos cœurs est qu’Hashem fait tout, et tout ce qu'il fait est pour le mieux. Hashem voit ce que nous ne voyons pas… Hashem peut, en un instant, tout transformer en bien ! Si vous avez la foi qu'il est possible de gâcher les choses, ayez foi qu'il est possible de les réparer ! Hashem prépare le traitement avant la blessure ! Tant qu’une personne ne croit pas que tout est pour le bien et tant qu’elle n’exprime pas ses remerciements, chaque fois qu’elle s’approche d’Hashem, elle a le sentiment que quelque chose dans sa vie va de travers. Du coup, sa prière se résume à des plaintes et des pleurnicheries, cela ne fait qu'agacer Hashem. Quand quelqu'un se présente devant Hashem avec le sentiment que les choses sont mauvaises pour lui, ses prières sont ignorées. Le Sefer HaMidot dit : Dans la tristesse, Hashem n'est pas avec la personne. D'un autre côté, lorsqu'une personne exprime sa gratitude à Hashem, ses prières sont facilement acceptées. Dans la langue du Saint Zohar, la personne reconnaissante est immédiatement autorisée à entrer dans le palais du roi. Le roi l'attend avec une grande impatience et demande : Qui est venu m'apporter un cadeau, me remercier ? Viens, mon fils… La personne reconnaissante mérite maintenant une audience avec le Roi Hashem et peut maintenant lui parler de tout. Voici un exemple : une personne qui n’a pas pu trouver son âme sœur devrait dire : Merci beaucoup, Hashem, de ne pas avoir encore trouvé mon partenaire dans la vie. C'est certainement pour le mieux. Permets-moi de comprendre quels méfaits j'ai commis, ce que je dois rectifier et comment prier pour ce qui me manque. Tout cela doit être dit avec un sourire et avec la émouna car dès que l’on commence à se plaindre, on se sépare soi-même d’Hashem. Hashem n'a pas créé le monde pour que ses créatures pleurent, au lieu de cela, il veut que nous souriions et ayons foi en lui, réalisant que toutes ses voies sont pour notre bien ultime. Encore une fois, le verset qui dit que les portes des larmes ne sont jamais verrouillées ne fait pas référence aux larmes de plainte et de tristesse. Ce genre de pleurs non seulement verrouille toutes les portes mais provoque même des jugements sévères, ‘hass véchalom. En revanche, le Saint Zohar déclare que les portes de gratitude ne sont jamais fermées. La gratitude permet d'accepter les prières et pose les bases du salut de tout problème.  Beaucoup de gens prient à profusion mais sont frappés encore et encore de plus en plus de difficultés dans la vie parce qu'ils pleurent et se plaignent. Il est toujours préférable d'exprimer sa gratitude que de se plaindre. Une fois qu'une personne ressent de la joie et est certaine que même pas une petite note de pleurs et de plaintes ne s'est glissée dans ses prières, elle est alors libre de demander tous les souhaits de son cœur, en particulier pour la clarification de la vérité, du repentir et de la émouna.  (Rav Shalom Arush)

 

 

  • Oui, avec l’épreuve, il donne aussi l’issue, le pouvoir de supporter : Hashem décide des tribulations et des souffrances de chaque personne, mais il a également préparé la solution. Il faut donc se renforcer et se souvenir qu'il n'y a pas de tristesse absolue, la solution est déjà prête avant même que le problème ne survienne. (Rav Shalom Arush)

 

COMMENTAIRE N°2

Tout le monde a le libre arbitre et Hashem ne demande pas l’impossible à ses créatures… En effet, si D.ieu nous envoie une épreuve, il est clair que nous sommes parfaitement capables de la surmonter ; s’il nous semble que nous ne pouvons pas y arriver, il nous faut demander l’aide divine du Rouah Hakodesh du Mashiah pour nous renforcer. 

Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Rouah Hakodesh. (Yohanan 20 :22)

Il est un concept kabbalistique selon lequel l’âme d’un Tsadik peut imprégner l’âme d’un autre Juif avec ses facultés, le rendant ainsi à même de servir D.ieu comme le fait le Tsadik. Ce concept peut être comparé à celui du guilgoul dans lequel une âme se trouve attachée à un objet, un animal ou un autre corps. Cependant, dans le cas du guilgoul, l’âme est enchaînée au corps et dominée par lui, alors que dans l’imprégnation, l’âme du Tsadik sert simplement de force spirituelle supplémentaire à l’âme de celui qui la reçoit. Dans ce contexte, l’imprégnation de l’âme par le Rouah de l’âme du Tsadik permet d’éprouver un plaisir en D.ieu qu’il n’aurait pas pu atteindre de lui-même. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 14)

Le Mashiah n'est pas un personnage loin de nous, c’est une force et c’est la force principale de notre âme ! Cette force sommeille en nous, afin de nous donner une énergie nouvelle, une volonté plus grande, un espoir plus fort et un optimisme pour la Torah bien plus puissant… Avant de chercher le Mashiah dans l’extériorité, cherchons le d’abord dans notre "moi intérieur" dans chacun de nos choix.

Il faut qu'il croisse et que je diminue. (Yohanan 3 :30)

Nous n'avons pas un Cohen Gadol qui ne puisse compatir à nos faiblesses. (Hébreux 4 :15)

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

14.     Aussi, mes aimés, fuyez loin de l’idolâtrie.

 

  • Aussi : par rapport au contexte [relaté dans le chap. 8 de cette Lettre].

 

COMMENTAIRE N°1

Il nous faut analyser les Écrits de Shaoul selon le contexte en vigueur. Autrefois, certains mangeaient des viandes qui avaient servi aux sacrifices des idoles… Ce sujet était d’une grande importance, à cause de la diversité d’opinions qui régnaient là-dessus entre les Nazaréens.

Petit aparté, il est important de préciser : ce sujet concernait les Nazaréens d’origine non-Juive mais en aucun cas, les Juifs Nazaréens car bien évidemment, ceux-là mangeaient de la viande kasher, abattue rituellement selon la loi Juive ; ils n’avaient donc aucun problème avec ce sujet…

Quelle était donc le problème des membres de la communauté Nazaréenne ?

En fait, une partie de des viandes offertes en sacrifice aux idoles était consommée sur place, une autre revenait aux prêtres païens mais une dernière partie était rendue à ceux qui avaient fourni le sacrifice et certains l’employaient à des repas sacrés, soit dans les temples païens, soit dans leurs maisons. Ces repas étaient d’ordinaire accompagnés des plus abominables souillures, faisaient partie du culte corrompu du paganisme. Malheureusement, d’autres comme certains pauvres, après avoir offert une victime, en vendaient la chair sur les marchés… Par le biais de la vente public, certains Nazaréens d’origine non-Juive pouvaient alors en diverses occasions, manger de ces viandes sacrifiés aux idoles. De là, un sujet de contestation dans la communauté Nazaréenne de Corinthe car certains convertis considéraient cette participation indirecte aux sacrifices idolâtres comme une grande souillure. Ils voulaient éviter une participation à des actes du paganisme dans lesquels, il pouvait réellement y avoir du péché car effectivement, comme nous l’avons compris, ces viandes provenaient des animaux offerts en sacrifice dans les temples païens…

 

  • mes aimés : du grec "agapetos"…

 

COMMENTAIRE N°2

Voici la définition du mot grec "agapetos" :

  • bien-aimé : qui est l'objet d'une tendre affection,

  • estimé : avoir une bonne opinion de quelqu'un, de son œuvre, de son action ; en faire grand cas,

  • cher : pour qui on éprouve une vive tendresse, un grand attachement,

  • élus : personne qui a fait l'objet d'une préférence sentimentale,

  • aimés : personne qui est l'objet d'une vive affection.

En ce temps-là, Yeshoua vint de Nazareth en Galilée et il fut immergé par Yo'hanan dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection. (Marcos 1 :9-11)

 

En plus, voici la définition du mot grec d’origine "agapao" :

  • aimer : avoir pour quelqu'un de l’amour, de l'affection, de la tendresse, de l'amitié ou de la passion.

  • avoir plaisir de,

  • préférer : considérer quelqu'un, quelque chose avec plus de faveur que d'autres.

Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. (Yohanan 15 :9)

 

 

  • fuyez loin de l’idolâtrie : de toutes conceptions idolâtres, dont les viandes sacrifiés aux idoles…

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

19.     Que dis-je donc ? Que ce qui est offert aux idoles est réel ? Ou que l’idole est réelle ?

 

  • Que dis-je donc : le but étant de réfléchir au message ‘hassidique de l’Apôtre Shaoul.

 

 

  • Que ce qui est offert aux idoles est réel : certainement les viandes, etc… cela peut englober toutes sortes de dons idolâtres.

 

 

  • Ou que l’idole est réelle : la réponse de l’Apôtre Shaoul est relatée dans le chap. 8 de la Lettre aux Corinthiens.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8 :4-6)

 

COMMENTAIRE N°1

Ils jurent par des dieux qui n'existent pas. (Yrmeyahou 5 :7)

La notion d’unité de D.ieu ne signifie pas simplement qu’il n’est pas d’autre Créateur que lui mais plutôt que D.ieu est le seul être existant. Toute existence est néant absolu devant lui et ne fait qu’un avec lui.  Pour expliquer clairement cette idée, il est nécessaire, au préalable, d’évoquer brièvement l’idée et l’essence de l’unité de D.ieu, qui est appelé "Un et Unique" … Il faut comprendre la signification de cette expression, qui se prête à maintes interprétations : Il n’est qu’un D.ieu, un Créateur ; il est Un. Tous ont foi qu’il est Un, seul, maintenant, après la Création, exactement comme il l’était avant que le monde ne fut créé, quand il était seul de toute évidence, puisque rien n’existait alors. Le peuple Juif affirme sa foi dans ce qu’à présent comme avant la genèse, il n’est nulle autre existence que D.ieu. Comme il est écrit dans le texte de la prière : Tu es celui qui était avant que le monde ne fut créé et tu es celui qui est depuis que le monde a été créé. Si cette louange ne se prêtait qu’à une interprétation littérale, à savoir que D.ieu est éternel, sans début, ni fin, il aurait pu être simplement écrit : Tu étais avant que le monde ne fut créé. Pourquoi la périphrase : "Tu es celui qui était avant que le monde ne fut créé" est-elle nécessaire ? Cela signifie que D.ieu est exactement le même "celui" avant et après la Création, sans aucun changement, comme il est dit : "Moi, D.ieu, je n’ai pas changé" avant et après la Création. Comme il va être expliqué, D.ieu est toujours Un et Unique, malgré la présence de myriades d’êtres. Car ce monde, ainsi que tous les mondes supérieurs, n’effectuent aucun changement dans son unité du fait de leur création ex nihilo. De la même manière que D.ieu était Un, seul et unique, avant qu’ils n’aient été créés, ainsi est-il Un, seul et unique, après qu’il les a créés. Comment peut-il en être ainsi ? Que dire de toutes les créatures présentes devant lui ? Cette affirmation est vraie parce que tout est comme néant devant lui et comme absolument inexistant. En effet, si, lorsqu’il en retire ses mains, l’œuvre de l’artisan garde le même état et la même forme, l’existence continue de la Création, qui est une existence ex nihilo, dépend du renouvellement continuel de la force créatrice. Si cette force cessait, toute la Création retournerait au néant. Et cette force, qui anime et maintient toute la Création. Même la parole, le mot divin, par lequel D.ieu crée et anime tous les mondes, n’est rien par rapport à D.ieu lui-même, qui est véritablement infini. Tous les mondes créés et animés par la parole divine sont donc comme inexistants et n’affectent en aucun cas son unité. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 20)

 

Car tous les dieux des peuples sont des idoles et l'Éternel a fait les cieux. (Téhilim 96 :5)

La notion d’unité divine ne signifie pas simplement qu’il n’existe qu’un seul D.ieu, un Créateur mais que D.ieu est la seule véritable existence. Il est lui seul dans les mondes supérieurs et inférieurs, vraiment, comme il était seul avant les six jours de la Création.  De même qu’il n’existait alors rien d’autre que lui, de même la Création n’apporte-t-elle aucun changement en cet état car tous les êtres sont comme inexistants devant Lui. Même en cet emplacement où le monde a été créé, les cieux, la terre et toutes leurs armées, il emplissait lui seul cet emplacement. Et maintenant aussi après la Création, il est ainsi seul, sans aucun changement absolument parce que toutes les créatures sont vraiment totalement annulées dans leur existence devant lui. Chaque créature reçoit son existence et sa vie du verbe divin, que sont les lettres de la parole divine à l’origine de sa création. Cette parole créatrice et les êtres ainsi crées sont totalement annulés devant leur source, le divin. Telle est la signification de la notion d’unité divine : D.ieu est Un, il est le seul existant, toute existence étant annulée devant lui. Or, lorsqu’il méditera profondément cette notion d’unité de D.ieu, son cœur sera joyeux et son âme se réjouira, avec jubilation et exultation, de tout son cœur, toute son âme et tout son pouvoir dans cette foi car elle est immense. Elle signifie l’expérience de la proximité à D.ieu, vraiment. C’est là tout l’homme, la finalité de sa création et de la Création de tous les mondes, supérieurs et inférieurs, à savoir que D.ieu ait cette demeure ici-bas. D.ieu a créé tous les mondes en vue de disposer d’une demeure ici-bas. Pour un homme, la demeure est le lieu où il peut être pleinement lui-même. De la même manière D.ieu veut que son Unité soit révélée ici-bas. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 33)

 
 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


20.     Mais ce qu’ils sacrifient est sacrifié aux démons, et non à Elohîms. Or, je ne veux pas que vous partagiez avec les démons.

 

  • Mais ce qu’ils sacrifient est sacrifié aux démons : en effet, selon la ‘Hassidout, les autres dieux sont appelés "klipot" [les écorces du mal]. 

 

COMMENTAIRE N°1

La sitra a’hara et l’impureté sont une abomination devant D.ieu, qu’il déteste. Il ne leur pourvoit pas la vie de sa volonté intérieure et de son véritable désir, à D.ieu ne plaise, mais à la manière de quelqu’un qui, à contrecœur, jette un objet par-dessus son épaule à son ennemi. Ainsi, D.ieu ne donne pas la vie aux klipot de sa volonté intérieure mais seulement afin de punir les méchants qui se soumettent aux klipot et en tirent leur vitalité, et pour donner une bonne récompense aux justes qui font plier la sitra a’ hara. L’existence de la sitra a’hara est nécessaire pour laisser à chacun le libre arbitre d’être juste ou méchant. C’est pour cette raison, extérieure, que D.ieu lui octroie la vie. Les klipot sont appelées élokim a’hérim, les "autres dieux" car elles procèdent d’a’horaïm, de l’aspect arrière de la volonté divine. C’est également la raison pour laquelle la klipa est appelée "autres dieux" : cette raison s’ajoute à celle donnée précédemment, à savoir que les klipot sont appelées d’autres dieux car elles proviennent de a’horaïm, de l’aspect arrière de la volonté divine. La klipa constitue alors une véritable idolâtrie et un déni de l’unité du Roi des rois, le Saint Béni soit-Il. En effet, les klipot peuvent alors se considérer comme des êtres indépendants, séparés de D.ieu, quoiqu’elles reconnaissent D.ieu comme la source de leur vitalité et ne le nient pas. C’est par rapport à cette force vitale divine que les klipot sont appelées élokim a’hérim au sens littéral du terme, qui signifie idolâtrie et déni de l’unité de D.ieu. Car étant donné que la lumière et la vie de la sainteté, c’est-à-dire la force vitale divine intérieure sont dans un état d’exil à l’intérieur de la klipa, elle n’est aucunement soumise devant la sainteté de D.ieu. Au contraire, elle s’élève comme un aigle, en disant : "Je suis et il n’est rien d’autre que moi" ou suivant l’expression de Paro : La rivière est mienne, je l’ai faite moi-même" … C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que l’arrogance équivaut véritablement à l’idolâtrie. Car le principe fondamental et la racine de l’idolâtrie sont le fait de se considérer comme une entité indépendante, séparée de la sainteté de D.ieu ; c’est pour cette raison qu’elles les klipot sont désignées dans le Zohar comme les montagnes de séparation, c’est-à-dire qu’elles sont hautaines comme des montagnes et se considèrent séparées de D.ieu. Cela constitue un déni de la véritable unité de D.ieu, puisque son unité implique que tout est considéré comme rien devant lui et que tout est totalement annulé devant lui. Toutefois, cette séparation n’existe que du point de vue des êtres créés. Pour D.ieu, cependant, il n’est aucune séparation car il n’est rien d’autre que lui… D.ieu est la seule existence. Toute sensation d’avoir une existence propre et extérieure à D.ieu [sentiment partagé par les klipot] est donc idolâtre. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 22)

 

 

  • et non à Elohîms : ainsi, on comprend qu’il s’agit d’un péché extrêmement grave.

 

 

  • Or, je ne veux pas que vous partagiez avec les démons : le but de l’Apôtre Shaoul était de créer de véritables talmidim de Yeshoua.

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


21.     Vous ne pouvez boire à la fois à la coupe de l’Adôn et à la coupe des démons. Vous ne pouvez partager la table de l’Adôn et la table des démons.

 

  • Vous ne pouvez boire à la fois à la coupe de l’Adôn : cela fait référence au sang [au sang inaugurant la Brit Hadasha] du Seigneur et Mashiah Yeshoua, soumis aux directives de la Torah et du D.ieu d’Israël.

Je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de D.ieu. Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit : Prenez cette coupe et distribuez-la entre vous car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le Royaume de D.ieu soit venu. Ensuite il prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. (Loucas 22 :16-20) 

 

  • et à la coupe des démons : des idoles.

 

COMMENTAIRE N°1

Au chap. 8 de la Lettre aux Corinthiens, l’Apôtre Shaoul nous enseigne que les idoles n’existent pas vraiment et qu'il faut s'abstenir de manger des viandes sacrifiées par rapport à la conscience de l'autre qui a encore des liens forts avec l’idolâtrie. Or, dans ce chap. 10 de notre Lettre, l’Apôtre Shaoul nous dit que manger de telles viande revient à manger à la table des démons… On peut donc en conclure que, dans l'absolu, le mal n'a pas d'existence propre et que de telles viandes ne représentent strictement rien par rapport à la sainteté suprême d’Hashem mais néanmoins, même si cela est vrai dans l'absolu, d’un autre point de vue, les démons existent bel et bien et récupèrent ces sacrifices pour leur propre compte ; il ne faut donc pas donc en manger, afin que notre âme ne soit pas en communion avec l'impureté…

En fait, si l'on ne considère D.ieu que selon l'aspect de sa transcendance ; rien ne peut véritablement l'affecter et pour pousser même un peu plus loin, que quoi que l'on fasse, que l'on soit bon ou méchant, que l'on garde ou que l'on viole ses lois, cela ne change rien à sa toute puissance et à sa divinité puisqu'il se suffit à lui-même. L'argument sur les idoles exposé par l’Apôtre Shaoul, lorsqu'on va au bout du raisonnement, rend donc la Torah entière dépourvue de sens. Or, D.ieu n'est pas que transcendance ; il est aussi immanence et c'est par rapport à cette immanence que toutes nos actes sont liés puisque selon la Kabala, les mitsvot sont des canaux qui servent à faire descendre la lumière divine dans le monde créé. En des termes concrets, D.ieu a décrété que c'est par l'observance de la Torah qu'il récompensera l'homme ; la Torah est donc le canal de la bénédiction [lumière] divine et bien que cela, effectivement n'enlève ni n'ajoute rien à la divinité de D.ieu ; sa volonté, parce qu’Hashem est bon par nature, est de faire du bien à l'homme mais lorsque l’on n'observe pas cette Torah, cela "empêche" D.ieu d'accomplir cette volonté pour nous, d'où sa colère par rapport à nos transgressions qui empêchent à sa lumière de se manifester. Pa conséquent, on ne peut donc pas dire que la violation de la Torah et par implication le fait de consommer des choses offertes aux idoles, soit réellement sans conséquence "dans l'absolu" non plus et voilà pourquoi, Shaoul parle de ne pas manger à la table des démons ou encore : Mais si quelqu'un vous dit: Ceci a été offert en sacrifice ! N'en mangez pas. (1 Corinthiens 10 :25)

Le Likouté Amarim détaillera plutôt bien la pensée ‘hassidique de Shaoul.

Ainsi qu’il est dit : Même l’obscurité n’obscurcit rien pour toi. Ce verset se prête également à l’interprétation suivante : Même l’obscurité n’obscurcit rien car elle est issue de toi, ainsi qu’il est dit : l’Éternel est D.ieu, comme il est expliqué ailleurs. En hébreu, ce verset se lit "youd-ké-vav-ké est Elokim" ce qui établit donc une relation d’identité entre les deux noms de D.ieu : le Tétragramme, qui dénote la révélation et la transcendance divine et le Nom Elokim, qui fait référence au pouvoir de dissimulation du divin, dont D.ieu se revêt dans la Création. Cette relation d’identité signifie que le nom Elokim est divin au même titre que le nom "youd-ké-vav-ké" et c’est pourquoi tout est considéré comme rien devant lui. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 21)

 

 

  • Vous ne pouvez partager la table de l’Adôn : une nouvelle fois, cela fait référence au Seigneur et Mashiah Yeshoua, soumis aux directives de la Torah et du D.ieu d’Israël.

Alors Elyahou s'approcha de tout le peuple et dit : Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l'Éternel est D.ieu, allez après lui ; si c'est Baal, allez après lui ! Le peuple ne lui répondit rien. (1 Melakhim 18 :21)

Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. (Matityahou 6 :24)

Et si vous ne trouvez pas bon de servir l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, ou les dieux que servaient vos pères au-delà du fleuve, ou les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. (Yéhochoua 24 :15)

Israël était une vigne féconde, qui rendait beaucoup de fruits. Plus ses fruits étaient abondants, plus il a multiplié les autels ; plus son pays était prospère, plus il a embelli les statues. Leur cœur est partagé : ils vont en porter la peine. L'Éternel renversera leurs autels, détruira leurs statues. (Hoshéa 10 :1-3)

 

  • et la table des démons : des idoles.

 

Alors il parut bon aux Apôtres et aux Anciens et à toute la Kéhila, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Shaoul et Bar-Naba, Yéhouda appelé Bar-Shabba et Sila, hommes considérés entre les frères. Ils les chargèrent d'une lettre ainsi conçue : Les Apôtres, les Anciens et les frères, aux frères d'entre les non-Juifs, qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, shalom ! Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Bar-Naba et Shaoul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Yeshoua. Nous avons donc envoyé Yéhouda et Sila, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. Car il a paru bon au Rouah Hakodesh et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15 :22-29)

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


22.     Rendrons-nous jaloux l’Adôn ? Sommes-nous plus forts que lui ?

 

  • Rendrons-nous jaloux l’Adôn : D.ieu, par un effet de sa sainteté et de son amour, est jaloux de posséder tout entier le cœur de son enfant. Comment partagerait-il ce cœur avec un démon ?

Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant : Je suis l'Éternel, ton D.ieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point car moi, l'Éternel, ton D.ieu, je suis un D.ieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent. (Shemot 20 :1-5)

 

 

  • Sommes-nous plus forts que lui : dans l’idée de supporter le poids de l’indignation et de la jalousie d’Hashem…

Car l'Éternel, ton D.ieu est un feu dévorant, un D.ieu jaloux. (Devarim 4 :24)

Car l'Éternel, ton D.ieu, est un D.ieu jaloux au milieu de toi. La colère de l'Éternel, ton D.ieu, s'enflammerait contre toi et il t'exterminerait de dessus la terre. (Devarim 6 :15)

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 


23.     Tout est permis, mais tout n’est pas utile. Tout est permis, mais tout ne construit pas.

 

  • Tout est permis, mais tout n’est pas utile : il faudra constamment prendre position pour Hashem et pour la sainteté, peu importe notre degré d’adhérence.

 

COMMENTAIRE N°1

Rabbi Shaoul de Tarse étant soumis à la Torah, il est bien évident que ce verset ne signifie pas qu'il est permis de commettre l'adultère, le meurtre, la profanation du Shabbat ou encore l'abolition des autres mitsvot comme les téfilin ou les tsitsit, à D.ieu ne plaise. Ainsi donc, seuls les débauchés sprituels et les tordus comprendront ainsi.

 

Pour commencer, il faut savoir que les Écrits Nazaréens nous mettent en garde concernant les Écrits de l’Apôtre Shaoul comme étant extrêmement difficiles à comprendre… 

Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Shaoul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les Lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. (2 Kéfa 3 :15-17)

Comme le déclare l’un des autres chefs de la Kéhila Nazaréenne, Shimon Kéfa, tous les "lecteurs de Shaoul" devraient bien connaître la Torah et être affermies pour ne pas tordre ou mal interpréter le sens de ses Écrits… Par conséquent, à chaque fois que l’Apôtre Shaoul enseigne sur la Torah, nous devons faire preuve d’une extrême prudence pour nous assurer de bien comprendre ce qu’il souhaite nous faire comprendre et éviter ainsi, d’être décrit comme des personnes "ignorantes et mal affermies" ... Dans un premier temps, connaître le contexte des versets est donc primordial car le contexte nous transmet toutes les clés nécessaires afin de bien interpréter correctement les propos de Shaoul.

Si nous considérons, comme le font les chrétiens, les Écrits de Shaoul en supposant qu’ils se réfèrent toujours à l’ancienne "loi des Juifs abolie" de D.ieu, alors la théologie que nous allons construire sera complétement erronée à l’image de celle du christianisme… En effet, comme on le sait, certains versets de Shaoul cités hors contexte sont souvent utilisés par les chrétiens pour légitimer une doctrine évangélique erronée, comme celle qui affirme que les talmidim de Yeshoua n’ont plus à obéir à la Torah. 

Tout m’est permis mais tout n’est pas utile… Qui oserait penser que Shaoul enseigne ici qu’il peut réellement tout faire ? Qui oserait penser que Shaoul peut réellement voler, commettre un meurtre, ériger une statut à l’image de D.ieu, mépriser son prochain, médire, forniquer, etc… ? Evidemment qu’il n’en n’est rien… Lorsque Shaoul dit que tout est permis, c’est bien en fonction du cadre de ce que permet D.ieu dans la Torah. C’est ici la preuve qu’il ne faut pas prendre le mot "tout" à la lettre mais qu’il faut le lire dans le bon contexte. En vérité, il faut comprendre le verset ainsi : dans ce que la Torah me permet, tout m'est permis mais tout ne m'est pas utile et rien ne doit m’asservir…  Il existe trois domaines dans lesquels l'homme évolue : le saint, le profane et l’impur. De nos jours, une personne qui s'attache au Tsadik, au Mashiah, évolue dans les domaines du profane et du saint, la Torah interdisant strictement tout ce qui ressort du domaine du mal, de l’impureté ; ces choses étant celles qui nous bloquent l'accès au Royaume de D.ieu. Dans le Olam Haba, même le profane ne sera plus et nous évoluerons dans les divers degrés de sainteté. Ainsi donc, pour nous aujourd'hui, tout nous est permis dans le domaine du profane mais il faut savoir que ce n'est pas parce qu'une chose nous est tolérée, permise, qu'elle nous est bonne !

 

  • Tout est permis, mais tout ne construit pas : la construction de l’homme passe par le chemin de la sainteté.

 

COMMENTAIRE N°2

Pour mieux comprendre la notion de construction de l’être dans le Judaïsme, nous allons nous inspirer des enseignements du Rav ‘Haïm Dynovisz.

 

L’identité Juive authentique repose sur 4 piliers incarnés par 4 personnages :

  • Avraham représente la capacité de se renouveler constamment, d'être capable de recommencer tout à zéro si telle est la volonté de D.ieu. Il n'est pas prisonnier et enfermé dans sa compréhension, sa vision du monde, sa logique ; il n'est pas lié à son entourage, à un courant, à une mode, il est libre, libre d'être ce que le Maître du monde attend de lui. À l'âge de 75 ans, Avraham quitte tout ce qu'il possédait, tout ce qu'il avait construit et recommence tout à zéro pour une terre nouvelle qu'il ne connait pas. De plus, il ne s'arrête pas là ! À 100 ans, il recommence à nouveau tout à zéro en se faisant circoncire et en changeant de nom. Il effectue, en fait, une véritable conversion au sujet de laquelle nos Maîtres disent : un converti est comme un enfant qui nait. À 100 ans, Avraham renait et commence une nouvelle vie ! Et encore une fois, il ne s'arrête pas là car à 137 ans, Avraham est prêt à sacrifier le but et le sens de toute sa vie en donnant son fils, quitte à tout recommencer à zéro si telle est la volonté de D.ieu…

 

  • Its’hak représente la capacité du don de soi, du sacrifice, de l'annulation totale de soi et chez lui, ce sens du sacrifice dépasse l'entendement, la logique et la raison… En effet, dans tous les cas de sacrifices connus, qu'ils soient pour des motifs religieux, idéologiques ou politiques, celui qui se sacrifie sait toujours pourquoi il donne sa vie. Finalement, son sacrifice est l'expression la plus forte du sens de sa vie, de ce pourquoi il a toujours vécu… Or, en ce qui concerne le sacrifice d'It’shak c'est exactement le contraire, puis qu'il s'agissait ici de quelque chose d’apparemment totalement absurde, inutile, contraire non seulement à la logique, à la morale mais aussi à tout ce que D.ieu lui-même avait enseigné à Avraham. Et au-dessus de tout, cela contredisait la promesse qu'Hashem avait clairement fait : C'est Its’hak le fils de la promesse ! Le sacrifice n'est pas ici seulement physique mais surtout mental : accepter de continuer à suivre D.ieu et à lui faire confiance même lorsqu'on ne le comprend plus du tout et même lorsque ce qu'il demande semble contredire tout ce que nous avions compris de lui. Ce niveau de sacrifice est l'essence même de notre peuple qui continue à suivre D.ieu malgré tout ce qui nous est arrivé dans notre histoire et qui semble contredire non seulement le fait qu'il nous ait choisi mais pire encore, qui semble tout simplement contredire son existence !

 

  • Yaakov représente la volonté de transmettre aux générations futures. C'est le véritable père d'Israël, non seulement parce qu'il est le père des 12 tribus mais aussi et surtout parce que tous ses fils sont restés inclus dans la famille d'Israël à la différence d'Avraham qui a perdu Yichmaël et d’Its’hak qui a perdu Essav… Pourtant, son histoire nous montre les énormes difficultés auxquelles il a été confronté en tant que père et malgré toutes ses énormes épreuves, Yaakov a réussi à faire de ses 12 fils, les 12 tribus d'Israël.

 

  • Ra’hel incarne la malkhout, selon nos Maîtres, c'est à dire la qualité essentielle nécessaire à la Création, la stabilité et la durée d'un peuple : la capacité de s'effacer, lorsque cela est nécessaire, devant l'autre. Toute l'histoire de Ra’hel avec Léa, sa capacité de renoncer à ses droits, de réclamer justice, de dénoncer le "vol" commis par sa sœur montre et prouve qu'elle avait compris que pour créer un peuple, il faut que chaque individu soit prêt, parfois, à renoncer à ses droits individuels afin de permettre à la nation d'exister. Lorsque dans un peuple, chacun ne s'intéresse qu'à ce qu'il peut recevoir, bénéficier, prendre ou gagner ; même s'il ne s'agit que de l'utilisation de ses droits, cette attitude, comme un cancer, est la maladie qui, finalement détruit tous les peuples et les civilisations. Une nation se fonde sur les devoirs beaucoup plus que sur les droits, sur la responsabilité plus que sur les intérêts et ceci, Ra’hel l'incarne à la perfection.

 

Nous avons donc trouver les 4 piliers de l'identité Juive authentique : le renouvellement par Avraham, le don de soi par Its’hak, la transmission par Yaakov et l'abnégation par Ra’hel.

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


24.     Que nul ne cherche rien pour soi, mais pour l’autre.

 

  • Que nul ne cherche rien pour soi : par égoïsme.

 

  • mais pour l’autre : pour le bien d’autrui…

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


25.     Tout ce qui se vend à l’étal, mangez-le sans rien discriminer en conscience.

 

  • Tout ce qui se vend à l’étal : autrefois, les animaux étaient offerts aux idoles et certains restes se retrouvaient sur les étalages du marché, où ils étaient vendus.

 

  • mangez-le sans rien discriminer en conscience : ceci n'étant qu'une étape dans leur conversion, la finalité étant bien évidemment, de manger des viandes kasher. La vie de Torah s’acquerrait alors au fur et à mesure pour les Nazaréens d’origine non-Juive…

 

COMMENTAIRE N°1

Dans les Ecritures, l’Éternel enseigne qu’aucun commandement ne peut être aboli ou retranché… Bien évidemment, Rabbi Yeshoua de Natzeret confirmera ces propos : au contraire, il faut observer la Torah et les lois concernant la kasherout.

Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Torah ou les Neviim ; je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la Torah un seul youd ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’une des plus petites mitsvot et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux mais celui qui les observera et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des soferim et des proushim, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. (Matityahou 5 :17-20)

Plusieurs passages de la Torah traitent des lois alimentaires instituées par D.ieu : il y a des animaux impurs et des animaux purs qu’Hashem autorise à la consommation. Ces lois alimentaires ne sont pas bien difficiles à observer et regorgent de trésors de sagesses et de bénédictions… Le chap. 11 du Sefer Vayikra et le chap. 14 du Sefer Devarim traitent de toutes ces lois alimentaires.

Dans le chap. 10 de la Lettre aux Corinthiens, Rabbi Shaoul de Tarse nous parlera alors de "manger tout ce qui se vend sur le marché" tout en gardant à l’esprit les lois du pur et de l’impur, tirées la Torah.

Tout d’abord, concernant l’importance de l’alimentation, nous avons les plus grands Neviim du Tanakh, comme Daniel ou encore Yehezqel qui nous montrent clairement l’exemple…

Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, il pria le chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller. D.ieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques. (Daniel 1 :8-9)

Je dis : Ah ! Seigneur Éternel, voici, mon âme n'a point été souillée ; depuis ma jeunesse jusqu'à présent, je n'ai pas mangé d'une bête morte ou déchirée et aucune chair impure n'est entrée dans ma bouche. (Yehezqel 4 :14)

En vérité, comme nous l’avons dit précédemment, l’analyse du contexte est extrêmement importante pour réellement comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul.

Pour ce qui concerne les viandes sacrifiées aux idoles. (1 Corinthiens 8 :1)

Mais si quelqu'un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice ! N’en mangez pas, à cause de celui qui a donné l'avertissement et à cause de la conscience. (1 Corinthiens 10 :28)

Comme le montrent les différents versets utilisés, la Lettre aux Corinthiens parle donc des viandes consommables et pures selon la Torah comme le boeuf, l’agneau, etc… mais qui ont été sacrifiées aux idoles et dans ce cas, si nous en avons connaissance, il ne faut pas en manger comme cela a été ordonné par Yaakov HaTsadik.

Alors il parut bon aux Apôtres et aux Anciens et à toute la Kéhila, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Shaoul et Bar-Naba, Yéhouda appelé Bar-Shabba et Sila, hommes considérés entre les frères. Ils les chargèrent d'une lettre ainsi conçue : Les Apôtres, les Anciens et les frères, aux frères d'entre les non-Juifs, qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, shalom ! Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Bar-Naba et Shaoul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Yeshoua. Nous avons donc envoyé Yéhouda et Sila, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. Car il a paru bon au Rouah Hakodesh et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15 :22-29)

Ainsi, selon Shaoul, si l’on trouve une viande sur le marché appartenant à la catégorie des viandes pures, nous pouvons la consommer sans nous enquérir de quelque chose par motif de conscience, sauf si quelqu'un nous apprend que cette viande a été offerte en sacrifice : là, il faut s’en abstenir et ce, même si celle-ci fait partie de la classification des viandes pures…

Nous pourrons nous inspirer du Rambam pour mieux appréhender la position de l’Apôtre Shaoul.

 

L’animal mis de côté pour un culte idolâtre est permis à la consommation, qu’il ait été mis de côté pour être adoré ou pour être offert à une idole. Dans quel cas dit-on que l’animal n’est pas interdit ? Si ce dernier n’a subi aucun acte pour un culte idolâtre mais si un acte quelconque a été effectué, l’animal est interdit. (Michné Torah du Rambam, Avoda Zara, chap. 8)

 

De la viande, du vin ou des fruits qui ont été préparés pour être offerts à des idoles ne sont pas interdits au profit et ce, même s’ils ont été introduits dans le temple idolâtre, jusqu’à ce qu’ils soient offerts devant l’idole. S’ils ont été offerts devant l’idole, ils sont considérés comme des offrandes et même s’ils sont ensuite sortis, ils sont interdits à jamais. (…) Un animal qui a été offert à une fausse divinité est entièrement interdit à tout profit ; même ses excréments, ses os, ses cornes, ses sabots et sa peau sont tous interdits au profit. C’est pourquoi, s’il y a dans la peau un signe par lequel on peut reconnaître la peau d’un animal offert pour une fausse divinité, par exemple, une déchirure ronde à hauteur du cœur par laquelle le cœur a été sorti, toutes les peaux qui sont ainsi sont défendues à tout profit. (Michné Torah du Rambam, Avoda Zara, chap. 7)

 

Certains chrétiens se sont donc imaginés, concernant ce passage, que le Rabbi de Tarse abolissait les lois de la kasherout de la Torah de Moshé… Bien entendu, ceci est absolument faux comme nous l’avons vu précédemment. Ce verset intervient simplement dans un contexte de viandes offertes aux idoles païennes. En effet, autrefois, les animaux étaient offerts aux idoles et certains restes se retrouvaient sur les étalages du marché, où ils étaient vendus. Les Nazaréens d’origine non-Juive de Corinthe ont donc demandé au Rabbi de Tarse, s’il était possible d'acheter des morceaux dans les étalages, ne sachant pas lesquels provenaient des temples. À cela, Shaoul leur réplique qu'ils n'ont pas à se poser des questions sur ces choses-là car de toute façon, ils ne pouvaient connaître leur réelle provenance. Sachant donc que les idoles ne sont que néants, les aliments pouvaient être achetés… Bien entendu, il était strictement défendu de consommer consciemment de la viande qui provenait de ces temples païens, si la provenance était connue !

Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Izevel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. (Révélation 2 :20)

Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Bilam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. (Révélation 2 :14)

Pour les Juifs de Corinthe ou d'ailleurs, toutes ces viandes étaient strictement défendues car ils ne consommaient que de la viande kasher.

Pour les Nazaréens d’origine non-Juive qui s'approchaient de la Torah, ils avançaient au fur et à mesure… La base était de ne plus consommer de viandes interdites par la Torah écrite, comme le porc, le cheval, le lapin, etc… La seconde étape était de manger de la viande kasher et dans ce cas, la seconde étape n'avait pas encore été franchie pour les Corinthiens. L’Apôtre Shaoul n'enseigne donc pas l'abolition de la Torah mais bien le respect des halakhot liées par Yaakov HaTsadik, en les accompagnant dans ce processus. 

Ceci est toujours d’une grande source d’inspiration pour notre génération car une personne qui adhère à la Torah et au Mashiah Yeshoua commencera pas s'abstenir des viandes interdites puis grandira toujours plus dans la sanctification, selon ses moyens, pour arriver à ne manger que de la viande kasher, viande provenant d'un animal tué selon les règles de la Torah orale et vidé de son sang.

A l'égard des non-Juifs qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu'ils eussent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité. (Actes 21 :25)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


26.     Oui, à IHVH-Adonaï, la terre et sa plénitude. 

 

  • Oui, à IHVH-Adonaï : Hashem.

 

  • la terre et sa plénitude : tout appartient au Maître du monde, le D.ieu d’Israël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 


27.     Si quelqu’un des non-adhérents vous invite, si vous voulez y aller, mangez de tout ce qui vous sera servi, sans discriminer en conscience.

 

  • Si quelqu’un des non-adhérents vous invite : des non convertis.

 

  • si vous voulez y aller, mangez de tout ce qui vous sera servi : selon le même principe relatée dans le verset 25 du chap. 10 de la Lettre aux Corinthiens.

Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif de conscience. (1 Corinthiens 10 :25)

 

 

COMMENTAIRE N°1

En vérité, comme nous l’avons dit précédemment, l’analyse du contexte est extrêmement importante pour réellement comprendre la pensée de l’Apôtre Shaoul.

Pour ce qui concerne les viandes sacrifiées aux idoles. (1 Corinthiens 8 :1)

Mais si quelqu'un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice ! N’en mangez pas, à cause de celui qui a donné l'avertissement et à cause de la conscience. (1 Corinthiens 10 :28)

Comme le montrent les différents versets utilisés, la Lettre aux Corinthiens parle donc des viandes consommables et pures selon la Torah comme le bœuf, l’agneau, etc… mais qui ont été sacrifiées aux idoles et dans ce cas, si nous en avons connaissance, il ne faut pas en manger comme cela a été ordonné par Yaakov HaTsadik.

A l'égard des non-Juifs qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu'ils eussent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité. (Actes 21 :25)

 

Ainsi, selon Shaoul, si l’on va chez un non-croyant, nous pouvons consommer des aliments sans nous enquérir de quelque chose par motif de conscience, sauf si quelqu'un nous apprend que ceci ou cela a été offert en sacrifice : là, il faut s’en abstenir…

 

 

  • sans discriminer en conscience : sans s’enquérir de rien par motif de conscience.

 

 

COMMENTAIRE N°2

Les problèmes qui se posent dans la communauté Nazaréennes de Corinthe sont nombreux : les disputes d’écoles rivales, un cas d’inceste, le recours aux tribunaux païens, la débauche et le désordre dans les assemblées, les questions sur la conduite à suivre en matière de mariage, la recherche des charismes ou encore les viandes sacrifiés aux idoles. Si l’on veut donc creuser un peu avant de déclarer Shaoul hérétique contre la Torah, il faut vraiment voir le contexte… Combien cela devait être compliqué de parler Torah dans tous ces problèmes. De plus, le Mashiah dans la Révélation, reprend sévèrement ceux qui mangent des viandes sacrifiés aux idoles, en associant ceux qui le prêchent à Bilam, donc ce n'est pas rien… Partant donc du fait que Yaakov HaTsadik interdit également cela dans le Livre des Actes, la seule explication qui puisse tenir la route concernant Shaoul est qu’il s'adresse à des Nazaréens d’origine non-Juive qui sortent à peine du paganisme et qu'il souhaite les fait avancer par étape vers une kasherout pure : première étape, celle de manger des viandes permises [bœuf, veau, mouton, etc.] et selon le contexte, de ne pas regarder si ces viandes ont été sacrifiés à une idole ou pas car de toute façon, on ne pouvait pas vraiment le savoir ; la finalité étant bien évidemment, de manger totalement kasher.

Nous pourrons une nouvelle fois, nous inspirer du Rambam pour mieux appréhender la position de l’Apôtre Shaoul.

 

L’animal mis de côté pour un culte idolâtre est permis à la consommation, qu’il ait été mis de côté pour être adoré ou pour être offert à une idole. Dans quel cas dit-on que l’animal n’est pas interdit ? Si ce dernier n’a subi aucun acte pour un culte idolâtre mais si un acte quelconque a été effectué, l’animal est interdit.  (Michné Torah du Rambam, Avoda Zara, chap. 8)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


28.     Mais si quelqu’un vous dit : C’est sacrifié à l’idole, n’en mangez pas, à cause de cet informateur et de la conscience.

 

  • Mais si quelqu’un vous dit : C’est sacrifié à l’idole : si la viande a été sacrifiée aux idoles…

Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Izevel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. (Révélation 2 :20)

Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Bilam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. (Révélation 2 :14)

 

  • n’en mangez pas : il ne faut pas en manger.

 

COMMENTAIRE N°1

Cette halakha a été tranchée par Yaakov HaTsadik.

 

A l'égard des non-Juifs qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu'ils eussent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité. (Actes 21 :25)

 

Alors il parut bon aux Apôtres et aux Anciens et à toute la Kéhila, de choisir parmi eux et d'envoyer à Antioche, avec Shaoul et Bar-Naba, Yéhouda appelé Bar-Shabba et Sila, hommes considérés entre les frères. Ils les chargèrent d'une lettre ainsi conçue : Les Apôtres, les Anciens et les frères, aux frères d'entre les non-Juifs, qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, shalom ! Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous et auxquels nous n'avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Bar-Naba et Shaoul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Yeshoua. Nous avons donc envoyé Yéhouda et Sila, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. Car il a paru bon au Rouah Hakodesh et à nous de ne vous imposer d'autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15 :22-29)

 

COMMENTAIRE N°2

Nous pourrons une nouvelle fois, nous inspirer du Rambam pour mieux appréhender la position de l’Apôtre Shaoul.

 

De la viande, du vin ou des fruits qui ont été préparés pour être offerts à des idoles ne sont pas interdits au profit et ce, même s’ils ont été introduits dans le temple idolâtre, jusqu’à ce qu’ils soient offerts devant l’idole. S’ils ont été offerts devant l’idole, ils sont considérés comme des offrandes et même s’ils sont ensuite sortis, ils sont interdits à jamais. (…) Un animal qui a été offert à une fausse divinité est entièrement interdit à tout profit ; même ses excréments, ses os, ses cornes, ses sabots et sa peau sont tous interdits au profit. C’est pourquoi, s’il y a dans la peau un signe par lequel on peut reconnaître la peau d’un animal offert pour une fausse divinité, par exemple, une déchirure ronde à hauteur du cœur par laquelle le cœur a été sorti, toutes les peaux qui sont ainsi sont défendues à tout profit. (Michné Torah du Rambam, Avoda Zara, chap. 7)

 

 

  • à cause de cet informateur et de la conscience : en raison de cette information, nous ne pouvons pas consciemment [pour nous et pour l’autre] manger de la viande sacrifiée aux idoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


29.     La conscience dont je parle, ce n’est pas la vôtre, mais celle d’autrui. Oui, pourquoi ma liberté serait-elle jugée par la conscience d’un autre ?

 

  • La conscience dont je parle, ce n’est pas la vôtre, mais celle d’autrui : car comme nous l’avons vu au chap. 8 de cette Lettre, certains Nazaréens d’origine non-Juive de Corinthe considéraient encore l’idole comme ayant un réel pouvoir. En effet, certains croyaient, malgré la suprématie et l’autorité d’Hashem, que les faux dieux du paganisme étaient des êtres réels, des esprits ou dieux méchants, qui remplissaient de leur mauvaise influence spirituelle, les choses qui leur étaient offertes en sacrifices. Ainsi, certains convertis croyaient qu’en mangeant de ces sacrifices, ils entraient en communion avec les démons ; de là, leur horreur pour les choses sacrifiées…

 

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde, et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. Mais cette connaissance n'est pas chez tous. Quelques-uns, d'après la manière dont ils envisagent encore l'idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles et leur conscience, qui est faible, en est souillée. (…) Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles. Car, si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera-t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles ? Et ainsi le faible périra par ta connaissance, le frère pour lequel le Mashiah est mort ! En péchant de la sorte contre les frères et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre le Mashiah. C'est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. (1 Corinthiens 8 :4-13)

 

Pour mieux comprendre l’attitude de certains Corinthiens, on pourrait s’inspirer d’attitudes plus modernes de certains chrétiens-messianiques qui, dans leur processus d’adhérence [ou non] aux lois de la Torah, ne souhaitent pas manger de viande hallal pour certaines raisons…

 

Voici un témoignage.

 

Manger du hallal donne des droits, en quelque sorte, à Satan. L’Islam déclare par l’invocation du nom d’Allah sur la nourriture sacrifiée, que celui qui la mange accepte de se mettre sous l’autorité d’Allah. Quand il l’animal pour vider son sang, les muslim proclament une formule magique : bismillah Allahou Akbar ; il s’agit de cette divinité païenne Allah qui oblige ses fidèles à massacrer ceux qui ne croient pas en lui, ça n’a évidemment rien à voir avec le Dieu des Cieux et de la Création.  On sait pour nous-mêmes que l’idole en soi n’est rien mais à cause de cet formule officielle que proclame l’Islam, manger ce type de nourriture donne des droits à Satan. En fait, il s’agit ni plus ni moins d’une principauté d’esprits de démons religieux. (Témoignage de chrétien-messianiques).

 

 

  • Oui, pourquoi ma liberté serait-elle jugée par la conscience d’un autre : en demandant aux Nazaréens, comme il l’a fait déjà, de s’abstenir d’un aliment par égard pour un frère faible, craignant une souillure, l’Apôtre affirme que cette abstention est uniquement pour la conscience de l’autre, c’est-à-dire qu’il faut être motivé par l’amour fraternel.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

30.     Et si moi, avec chérissement, je participe, pourquoi serais-je blasphémé pour ce dont je rends grâces ?

 

  • Et si moi, avec chérissement, je participe : cela fait référence au fait de manger avec actions de grâces.

 

  • pourquoi serais-je blasphémé pour ce dont je rends grâces : dans l’idée d’être blâmé par rapport aux aliments que l’on mange.

 

COMMENTAIRE N°1

Certains chrétiens utilisent ce passage pour abolir la Torah et autoriser les viandes impurs à la consommation. Or, ce passage doit être une nouvelle fois relié avec le contexte du chap. 8 en lien avec les viandes sacrifiés aux idoles.

Quand Hashem a dit à Adam et ‘Hava de ne pas manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal et qu'ils en ont mangé. Ont-ils péché ? Quand Hashem nous dit de ne pas manger certaines viandes et qu'on en mange… Ne péchons-nous pas de même ?

Il est intéressant de rappeler que la transgression qui a entraîné toute l'humanité dans le chaos est lié à la désobéissance au sujet d'un simple aliment, d’un simple fruit qu'Hashem avait interdit de consommer… Et certains prétendent qu’en Jésus, ce n'est pas grave de consommer ce qu'Hashem a défendu de manger et qu’il ne s’agit pas d’une faute… Tout ceci est peut-être chrétien mais n’est pas du tout en lien avec l’enseignement ‘hassidique de Rabbi Shaoul de Tarse.  

Pour les Nazaréens d’origine non-Juive qui s'approchaient de la Torah, les Apôtres avaient décrété qu’ils devaient avancer au fur et à mesure… La base était donc de ne plus consommer de viandes interdites par la Torah écrite, comme le porc, le cheval, le lapin, etc… La seconde étape était de manger de la viande kasher et dans ce cas, la seconde étape n'avait pas encore été franchie pour les Corinthiens… Ce qui bien évidemment, n’exclut pas de remercier Hashem par une action de grâce pour subvenir à nos besoins… L’Apôtre Shaoul n'enseigne donc pas l'abolition de la Torah mais bien le respect des halakhot liées par Yaakov HaTsadik, en accompagnant les non-Juifs dans ce processus. 

La seule explication qui puisse tenir la route concernant Shaoul est qu’il s'adresse à des Nazaréens d’origine non-Juive qui sortent à peine du paganisme et qu'il souhaite les fait avancer par étape vers une kasherout pure : première étape, celle de manger des viandes permises et selon le contexte, de ne pas regarder si ces viandes ont été sacrifiés à une idole ou pas car de toute façon, on ne pouvait pas vraiment le savoir ; la finalité étant bien évidemment, de manger totalement kasher mais qu’en attendant, on pouvait bénir et sanctifié ces aliments par le mérite de Yeshoua car une idole n’est rien.

Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde et qu'il n'y a qu'un seul D.ieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul D.ieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes et un seul Seigneur, le Mashiah Yeshoua, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8 :4-6)

Tout est sanctifié par la parole de D.ieu et par la prière. (1 Timotheos 4 :5)

Donc, clairement, peu importe que certains chrétiens bénissent et remercient Hashem pour le porc ou autres mets impurs qu'ils ont dans leur assiette, ces mets seront toujours impurs pour Hashem car la Torah est éternelle… Le fait d'offrir à Hashem une action de grâce ne suffit pas pour qu'Hashem kashérise le porc car la sainteté de la Torah ne changera jamais.

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


31.     Ainsi, que vous mangiez, buviez ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire d’Elohîms.

 

  • Ainsi, que vous mangiez, buviez ou quoi que vous fassiez : peu importe nos actions.

 

  • faites tout pour la gloire d’Elohîms : pour vous sanctifier et pour vous rapprocher d’Hashem.

L’Apôtre Shaoul pose ici le principe le plus profond, le plus universel de la vie d’un véritable Nazaréen. D.ieu a tout créé pour sa gloire ; il ne pouvait donc se proposer de but plus élevé que lui-même. Or, toute vie d’homme et toute action de sa vie qui tend vers ce but, tend par là même à sa vraie destination.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


32.     Ne faites buter ni les Iehoudîm, ni les Hellènes, ni la communauté d’Elohîms,

 

  • Ne faites buter : dans l’idée de ne pas être un scandale…

 

  • ni les Iehoudîm : les Juifs.

 

  • ni les Hellènes : les non-Juifs.

COMMENTAIRE N°1

Selon un article, le nom d’hellène eut la signification de païen lors des premiers siècles du christianisme et ce jusqu’à la fin du premier millénaire. En effet, les Juifs considéraient les non-Juifs comme des goyim, comme des hellènes. Par exemple, Aristide d’Athènes identifie aussi les Hellènes comme un des peuples païens du monde avec les Égyptiens et les Chaldéens. (Inspiré d’un article Wikipédia)

 

  • ni la communauté d’Elohîms : la Kéhila Nazaréenne.

 

 

 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


33.     comme moi-même aussi je cherche à plaire en tout à tous : je ne cherche pas davantage pour moi-même, mais celui du plus grand nombre, pour qu’ils soient sauvés.

 

  • comme moi-même aussi je cherche à plaire en tout à tous : faut-il transgresser la Torah pour plaire au plus grand nombre ? Certes non, il s'agit ici de s'adapter à l'autre : avec celui qui était hassid, il était hassid, avec celui qui s'en tenait à la halakha, il s'en tenait à la halakha, avec celui qui était en-dehors de la Torah, il demeurait dans son niveau de Torah et le rapprochait de la Torah avec amour.

Car, bien que je sois libre à l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la Torah, comme sous la Torah (quoique je ne sois pas moi-même sous la Torah) afin de gagner ceux qui sont sous la Torah ; avec ceux qui sont sans Torah, comme sans Torah (quoique je ne sois point sans la Torah de Dieu, étant sous la Torah du Mashiah), afin de gagner ceux qui sont sans Torah. J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. (1 Corinthiens 9 :19-22)

 

COMMENTAIRE N°1

Hillel HaZaken a dit : Sois parmi les disciples d’Aaron, aimant la paix, etc… aimant les créatures et les rapprochant de la Torah. Le choix du terme "créatures" veut ici signifier que même ceux qui sont loin de la Torah de D.ieu et de son service et qui sont pour cela qualifiés de simples créatures, leur seule qualité étant d’avoir été créés par D.ieu, doivent être tirés avec les puissantes cordes de l’amour. Et tout cela fait, peut-être pourra-t-on les rapprocher de la Torah et du service de D.ieu. (Tanya et commentaires, Likouté Amarim, chap. 32)

Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour, Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche et je leur présentai de la nourriture. (Hoshéa 11 :4)

 

 

  • je ne cherche pas davantage pour moi-même : par égoïsme.

 

 

  • mais celui du plus grand nombre : pour les autres…

 

 

  • pour qu’ils soient sauvés : cela fait référence au salut en Yeshoua.